TEXTES & RECITS

Samhain

13/09/2020

« Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

Matthieu 5, 3-12

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Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Aujourd’hui nous somme le 13 septembre 2020.

J’entame la première page de ce carnet. C’est aussi le jour de l’enterrement de mon frère. Aron.

Il est mort il y a dix jours. Il s’est pendu. Dans sa chambre.

J’étais à l’école ce jour-là. La directrice à fait venir un surveillant dans la classe, je l’ai suivi jusqu’à son bureau, elle m’a expliqué la situation, j’ai dû attendre que ma mère vienne me chercher. Elle est venue le soir après son travail, et on est rentrées ensemble.

Ma mère ne veut pas rater un jour de travail pour des détails futiles. Je crois que la mort de mon frère est un détail futile.

Quoi qu’il en soit, quand on est rentrées le soir, la police était devant chez nous. Mon père discutait avec un agent. On est arrivées bien après que le corps ait été sorti de la maison. Il parait que c’est un voisin qui a entendu Sheldon aboyer et hurler à la mort.

Bizarrement, en sortant de la voiture, tout semblait calme. Notez que j’utilise le verbe sembler. Ma mère a rejoint mon père, en cinq minutes, le policier avait plié bagage.

Elle est autoritaire.

Ensuite, elle m’a ordonné de rentrer dans la maison. Puis on à souper. Le soir, je suis allée me coucher, personne n’a parlé de ce qu’il venait de se passer. Mes parents ont fait comme s’il ne s’était rien passé.

Faut-il vous dire que mes parents sont catholiques ? Chrétiens. Très croyants. Il y a beaucoup de croix dans la maison. Ainsi que les photos des ancêtres. Aron n’y figure pas. Il n’y figurera pas. Il n’est pas le bienvenu.

Les dimanches matin, c’est messe obligatoire à l’église. Je crois que l’ensemble de la ville nous connait. Aujourd’hui aussi, c’est un dimanche. La police a classé l’affaire, il s’agit d’un suicide d’adolescent.

J’ai oublié de préciser, mon frère a 13 ans.

Je suis fatiguée. Ma psy veut que j’écrive tous les jours ce qu’il me passera par la tête. Ainsi, je n’écrirai pas « chocolat », ou « Aron je t’aime, tu es le petit frère le plus adorable du monde ». Déjà, parce que ce n’est pas vrai, Aron est un chieur exécrable ; mais aussi parce que ce n’est pas un journal intime.

Ce matin à l’enterrement, la ville entière s’est réunie. Une partie des personnes présentent est restée dehors par manque de place. Des lèches-cul, des hypocrites, des m’as-tu vu, mais aussi des « amis » d’Aron sont venus. Ils ont parlé, de qui était Aron pour eux. Qu’il manquerait à cette ville. Qu’à l’école, c’était un jeune homme surdoué pleins de talents. A l’évidence, nous ne connaissons pas le même garçon. C’était mon frère. C’était le fils de mes parents. Mes parents qui n’ont pas ouvert la bouche de toute la cérémonie. Qui n’ont pas lâché une larme.

Ce que je retiens le plus dans tout ça, ce sont les paroles du pasteur. Mon frère était persécuté. Tout le monde le sait. Mal aimé, bizuté, tête de turc, souvent, il rentrait sans son sac à dos, sans ses chaussures, des cocards gros comme un œuf sur le visage. Mais c’étaient choses futiles pour mes parents.

C’était un cas désespéré.

Je crois que Virginia (ma mère) est plus heureuse maintenant, du moins soulagée. C’est une bouche en moins à nourrir, des sous en moins à gaspiller. Un semblant d’amour en moins à donner.

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14/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Je viens de rentrer des cours. Je maudis Elisa et Jane, qu’elles crèvent. Ce sont des salopes imbuvables et indisciplinées. Qu’on les égorge.

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15/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Ma mère a accroché une croix sur la porte de la chambre de mon frère. L’intérieur est dévasté. Elle ne veut pas rentrer. Le pasteur ne veut pas s’approcher de notre maison. A croire qu’elle est maudite. Elle aussi.

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16/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

On gratte à ma porte le soir, ça m’énerve.

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17/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Aron me parle.

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18/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Je suis rentrée des cours avant que ma mère arrive, j’ai surpris mon père avec ma psy. Jemery trompe Virginia. Je pense ne rien dire. Ce ne sont pas mes affaires. Et ma mère mérite de se faire trahir.

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19/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Mon père est rentré bourré. Il a avoué avoir couché avec sa collègue du bureau et ma psy. Ma mère l’a tué. Elle a lancé le couteau du jambon, il a atterri en pleine poitrine, en plein dans le cœur. Alors elle l’a regardé mourir, le sang à recouvert le tapis. Tapis des ancêtres.

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20/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Il ne reste plus qu’elle et moi. Et Sheldon, notre chien.

Mon père est dans la cave, dans le congélateur. J’ai l’impression que Virginia s’en fout. Pas de colère, pas de remords. Pas de tristesse.

Le jour où ma psy verra ce carnet, ce sera soit ma mère soit moi.

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21/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Je crois qu’on frappe à ma porte de chambre le soir. Mais ma mère est toujours en bas, près de la cheminée. Elle ne dort pas. Jamais. Elle prie beaucoup. Je crois qu’elle ira en enfer. C’est une catin, une souillon. Elle est indigne de Dieu. Je ne crois pas en Dieu. Mon frère non plus ne crois pas en Dieu. Il n’arrête pas de me dire que mère est une souillée.

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22/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Elisa et Jane ont été retrouvées mortes. Egorgées.

Ce n’est pas moi qui ai fait ça. Mon frère m’a dit que le soir où je les ai maudites, le diable à prit en compte ma demande. Je ne communique pas avec le diable. Aron si. Il n’arrête pas de gratter à ma porte le soir, il m’empoisonne la vie.

Ma mère est partie travailler, j’ai été auditionnée par les policiers, ils ne connaissent pas l’existence de ce cahier. J’ai un autre cahier pour la pétasse de psy. Mon père avait aussi couché avec elle. Elle porte le même prénom que moi, à vingt ans de moins que mon père, elle est bonne. C’est de la chair à canon.

« Bitches broken heart ».

Je suis contente qu’elles soient mortes.

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23/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

Je ne supporte pas le souper avec elle. Elle n’affiche aucune émotion. Je suis une boule d’émotions. Je veux la tuer. Elle ne ressent rien vis-à-vis de Aron ou de Jeremy. Je pense qu’elle pourrait faire une soupe à partir de Sheldon, et la donner au pasteur pour expier ses fautes. « Mon père, j’ai péché, j’ai engendré des enfants du mal, j’ai tué ma pute de mari, je suis une bonne chrétienne, mais je vis dans la maison du Diable, mon père aidez-moi. Pour me faire pardonner, j’ai sacrifié le chien. » Voilà ce qu’elle lui dirait si ça se faisait. Sheldon lui, il n’a rien demandé. Ce n’est même pas un chien intelligent. Il est bête comme ses pieds.

Dans l’autre carnet, j’ai prié comme une bonne petite croyante. J’y ai pleuré mon frère, comme s’il n’était plus là. Ça me donne la gerbe.

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24/04/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans. J’habite à St David’s au Pays de Galles.

La CPE m’a convoqué vis-à-vis des 2 catins d’Elisa et Jane. Les policiers ont retrouvé un carnet chez l’une d’elle. Carnet qui m’est dédié. Il y a des articles sur Salem. Il y a des articles sur la mort de mon frère. D’ailleurs, il y a des photos de mon frère, des photos de moi. Il y a des croix et des têtes de morts. Je crois qu’elles connaissaient notre « secret ».

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25/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Les policiers pensent que j’ai un lien avec le meurtre parce qu’elles me détestaient. Ils parlent de vengeance. Je ne serai pas capable d’égorger quelqu’un. Ça me met hors de moi. Même mortes elles me pourrissent la vie. Ma mère pense que je suis une tarée. Elle veut me faire exorciser par le pasteur. Il ne veut pas parce qu’il m’aime bien. Si vous voyez ce que je veux dire par là.

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26/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Dehors, les gens sont des fous furieux. Avec tout ce qu’il se passe, ça hurle à la chasse aux sorcières. Ma mère commence à avoir peur. Elle crie à tous qu’elle est une bonne chrétienne.

Il est possible qu’elle me donne en pâture pour sauver son honneur.

Les gens ont peur de moi à l’école. Ils ne m’approchaient déjà pas. Pourtant, je n’ai rien de différent des autres. Aron me dit que je suis différente parce que je vois les esprits, et que je communique avec eux. La nuance, c’est que ce sont eux qui restent près de moi. Alors que je n’en veux pas.

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27/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Aujourd’hui, il a plus toute la journée. La CPE m’a encore convoquée. Taylor et Mathilda ont demandé mon exclusion de l’école, car je serai soi-disant une sorcière. Ils veulent faire une pétition dans toute la ville.

Je n’ai pas peur d’eux, car les actes de cruauté restent constants quoi qu’il advienne, siècles après siècles.

Aujourd’hui, j’ai repensé aux paroles du pasteur lors de l’enterrement de mon frère. Je sais que je ne serai pas viré de cette église, car il s’est passé trop de choses.

J’ai été violée.

On m’a souillée, je crois que ma mère a déjà vécu ça, c’est ce qu’essayait de me faire comprendre Aron.

Mon père est toujours dans le congélateur dans la cave. C’est glauque d’y descendre, mais il faut faire attention à ce que la chair n’entre pas en putréfaction, ou que des odeurs s’y dégagent. Le froid est un très bon moyen de conservation.

L’autre jour, le patron de mon père à envoyé un message. Il a fallu dire que Jeremy était parti de la maison. Qu’il s’est enfuit avec une de ses maitresses et qu’on n’avait pas de nouvelles. Ma mère a joué son rôle de femme détruite, abandonnée, de manière parfaite et contrôlée. Puis lorsqu’elle a raccroché, elle m’a regardé, a sourit et est allée s’enfermer pour prier.

Le soir, manger avec elle est un calvaire. Je ne retrouve pas Sheldon. Je crois qu’il a fini dans mon assiette.

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28/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Je n’entends que le bruit des mouches en bas. Il n’y a plus aucun bruit, plus aucune odeur. Je crois que la maison est vide. Maman n’est pas encore rentrée. Il fait nuit pourtant, je ne veux pas manger. Je sais ce que contient cette soupe. L’autre carnet a été perquisitionné. Ma psy a été auditionnée. Pour éviter de perdre son travail, elle a menti.

J’ai du mal à croire qu’en l’espace de quelques jours ma vie ait basculée. J’ai perdu mon frère. J’ai perdu mon père. J’ai perdu mon chien.

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29/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Ma mère est rentrée dans la nuit, j’ai entendu le bruit des clés, la porte s’ouvrir, ses talons claquer le sol en bas. J’ai entendu l’escalier grincé puis la douche s’activer.

Comme je suis rentrée avant elle tout à l’heure, j’en ai profité pour activer la radio. La maison est bien trop lugubre. Les murs sont plus sombres qu’ils ne me paraissaient il y a encore quelques semaines. Le tapis a gardé une tache rougeâtre malgré le savon.

Mon frère commence à disparaitre petit à petit. Je ne l’entends plus gratter ma chambre.

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30/09/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Je crois que ma famille fait peur. Suis-je un monstre ? Mes mains, souvent, se baladent sur les murs, à tâtons, je fais exprès de baisser la tête, mes longs cheveux roux me tombant devant les yeux.

Je n’arrive pas à ressentir de colère envers ma mère. Simplement, je la déteste, comme je déteste tout le monde.

Je ne ressens pas non plus de tristesse d’avoir perdu mon père. Lui aussi méritait de mourir.

Nous sommes le dernier jour de septembre.

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01/10/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher. J’ai 15 ans.

Je vis au pays de Galles. Ma ville est connue pour être une cité. Les habitants sont très croyants, ma mère est une croyante. Elle a engendré les enfants du diable. Ma mère est maudite.

Descendants d’une famille de sorcier, une de nos ancêtres était une sorcière de Salem.

Je ne me ferai pas de plaisir en vous racontant le procès des sorcières de Salem. Sachez simplement cela.

Il parait qu’une bête monstrueuse rode dans la ville, ayant poussé mon frère au suicide, ayant égorgé Jane et Elisa Betsac. Cette théorie, ou cette rumeur, c’est Madame Pomrose qui l’a lancé. L’autre jour, alors qu’elle fermait ses volets, elle a vu une bête roder. Un espèce de chien loup, avec de grandes dents, bavant et pleine de sang.

C’est cette même nuit que ma mère est rentrée tard.

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02/10/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher.

Je suis le fruit d’une humaine maudite.

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03/10/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher

L’autre jour, j’ai croisé des gens dans la forêt. Des âmes vagabondes. Perdues. Je n’ai pas osé m’en approcher. Demain il y a la messe. Mère veut que je travaille au lieu d’y aller. Elle ne veut plus m’y voir. Je fais honte.

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04/10/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher.

Je suis allée à la messe à l’encontre des ordres de ma mère. A la fin, le pasteur m’a demandé de l’attendre. Il fallait qu’il me parle.

Comme bon enfant de Dieu, j’ai patienté, l’église s’est vidée. Il est venu près de moi, m’a souri. Puis il a posé sa main sur ma cuisse, fermement. Et à commencé à remonter en me caressant. C’est dégradant. Voudrais-je continuer d’en parler. Les agressions sexuelles ne devraient pas être taboues. L’écrire serait libération ? Selon ma psy ? j’invente.

Je maudis ma psy.

Je maudis le pasteur.

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05/10/2020

Je m’appelle Caroline Fletcher.

Ce matin, on est venu toquer à la porte de la maison. Je n’ai pas vu qui c’était, je n’ai pas entendu la moindre phrase. J’ai seulement vu ma mère sortir et claquer la porte. Puis partir avec la personne au volant d’une Rolls-Royce.

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26/10/2020

Je m’appelle Caroline

Il s’est passé quelques jours assez durs, mais je n’ai pas le temps.

La psy est morte, le pasteur aussi.

L’espoir me quitte d’avoir un jour une mère qui daigne m’aimer. Elle n’est pas une sorcière, simplement une femme de foi. C’est la foi qui la tuera. Je le jure.

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30/10/2020

Je m’appelle Caroline

Hier, on a chassé les sorcières et les mauvais esprits dans la ville.

Il me semble que c’est moi, qui ai proposé cette initiative. J’en ai marre de voir le monde comme je le vois. Les gens ne sont que pourriture et corruption.

Les gens se sont armés de fourches et de torches, ils sont partis dans les bois. Le sang a coulé, ceux qui ne voulait pas participer se sont fait tuer. Ma mère a été brûlée vive. C’est moi, qui ai allumé le feu.

Ayant participé à ce massacre, personne ne s’est intéressé à moi. Je pense qu’ils ont toujours eu peur de ma mère.

Ils devraient aussi faire attention à la descendance.

Je suis la dernière de ma famille.

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31/10/2020

Je m’appelle Caroline

Aujourd’hui j’ai 16 ans.

Descendante d’une sorcière de Salem, morte la nuit de la chasse aux sorcières en 1692, mes origines surpassent de loin la catégorie fantastique de tout livre. Mon arrière-grand-mère était une sorcière celte.

George Lincoln Burr a écrit ceci : « La sorcellerie de Salem a été le roc sur lequel la théocratie s’est brisée ».

J’ai brisé chaque parcelle de la théocratie.

Désormais, en cette nuit de Samhain, une nouvelle année commence. Je suis Caroline, et je suis une sorcière.

Je maudis les enfants de Dieu de ce village. Je maudis Dieu, je maudis chaque personne qui ai voulu attenter à ma vie.

Soyez maudit.




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« Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

Matthieu 5, 3-12

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Le professeur Belem referma le carnet, encore happé par sa lecture. La petite Caroline Fletcher était une patiente du centre Belem depuis maintenant 4 ans. Tous les jours, elle avait un suivi par une psy, des médicaments, mais jamais de carnet. Plusieurs fois, la police était venue au centre, poser des questions, voulant la voir. Plusieurs fois, ils étaient repartis bredouille.

Comment croire qu’une fille, seule, est elle-même la source du massacre de Saint David’s.

C’était il y a 4 ans maintenant, et le professeur ne se lassait pas. Caroline était son cas le plus extraordinaire. Le plus déroutant. Le plus terrifiant.

- Lily

Bas de page

Tambourine,
Comme un fou
Mon cœur.
Plié et replié

Comme du papier
Maché.

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La valse

Notre Idylle… Romance qui fut un jour ouvrée Qu’un autre jour désœuvrée On s’est aimé comme deux amants D’un amour sacré, en tout temps

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Samhain

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Plats de pâtes

Elles nous regardent avec envie, Gargouillis de notre ventre affamé, Des lasagnes, tagliatelles, fusillis, spaghettis,...

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