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Déni ou manipulation ?

Quand on parle du parti national-socialiste des travailleurs allemands, on évoque de la cruauté, des actes inhumains et un goût pour le meurtre prononcé. Pourtant, à en croire les mémoires et les autobiographies, de nombreux allemands ignoraient le véritable visage de la politique nazi et de ses conséquences.




La population allemande - soldats compris - aura-t-elle été manipulée au point de ne plus voir la réalité des faits qui se déroulaient presque sous leurs yeux ? Les témoignages justifient-ils d'un déni appuyé ou d'une manipulation de l'esprit malsaine ?


Peuvent-ils être innocentés ?


De nombreux ouvrages littéraires se penchent sur la question et invitent le lecteur à s'impliquer effectivement dans la société allemande de l'époque qui, à l'origine, n'a demandé qu'à croire en l'espoir d'un renouveau à la fois économique, politique et social. Face à l'inflation brutale que l'Allemagne subit, la guerre paraît d'abord comme un fait divers loin de tout tandis que chacun ne craint que pour ses économies. Lorsque le fameux Adolf Hitler affirme son pouvoir cruel aux yeux de tous, il est trop tard.

Pour ce qui est des populations, la prise de conscience est brutale mais distante, tenue par la crainte de mourir. Qu'en est-il alors des soldats qui exécutent les ordres sans discuter ?


En 1952, Robert Merle rédige les pseudo-mémoires du commandant du camp de concentration d'Auschwitz où sont évoqués la force du conditionnement de l'esprit et le crime inconscient. La Mort est mon métier relate comment les conditions dans lesquelles évoluent un enfant influencent leur prédisposition à certains comportements ainsi que leur réceptivité à la manipulation. Pour Rudolf Höß, effectuer les ordres est synonyme de protection et de reconnaissance.

Pour Max (Sarah Cohen Scali), qui est né dans un des premiers Lebensborn, la race supérieure n'est pas une armée mais une version parfaite de l'être humain. Comment lutter lorsque toute votre éducation repose sur des principes qui vous sont présentés comme justes et équitables ?


En 1967, Ron Jones mène une expérience sur son groupe d'élève et crée un mouvement qui échappe totalement à son contrôle : La Vague. « Cela commence par un jeu et finit en dictature », c'est le vrai visage de ce qu'il s'est réellement passé. L'Histoire, avec un grand H, est censé servir de leçon aux générations qui suivent... oui mais que faire si tout se répète continuellement ?

A travers les faits que relate Todd Strasser dans sa version romancée de cette même expérience se dessine doucement une dure vérité : l'être humain, aussi indépendant soit-il, a besoin de se sentir en sécurité, protégé. Aussi cherche-t-il constamment à accomplir ce que Rousseau a nommé le Contrat Social : sa liberté contre sa sécurité. Dès lors que le contrat est effectif, il n'y a plus ou presque plus de limites à la servitude et, surtout, au déni. Jusqu'où peut-on aller en étant persuadé qu'il s'agit de l'intérêt de tous ?


Alors, déni ou manipulation ? Un peu des deux peut-être...

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