Y a comme une bogue - T1 : Deux amis

Article publié le

12 octobre 2020 à 08:19:45

par

Telesia

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Titre original :

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Deux amis

Matilda Milliau

2016

Jeunesse

Parmi tous les genres littéraires qui meublent nos étagères, certains ont tendance à être négligés. C’est souvent le cas des livres pour jeunes enfants: ils sont considérés trop simples, trop naïfs ou inintéressants par de nombreux lecteurs. Toutefois, ces œuvres sont loin d’être dénuées de sens! A travers de simples images et comparaisons, les mondes fantaisistes construits sur ces quelques pages représentent bien plus qu’un divertissement pour enfants. Ils contribuent à leur évolution, et marquent leur mémoire de certaines idées nécessaires à la compréhension de notre univers. C’est dans cette optique que se développe Deux amis. Somme toute, il ne s’agit pas simplement de plaire aux jeunes. Le récit de Matilda Milliau a de quoi émerveiller petits et grands, en éveillant la curiosité et la compassion de chacun, sans oublier de leur jeter un soupçon de honte vis à vis de certains comportements…

*    *    *

D’une syntaxe très simple, mais loin d’être abrutie, l’écrivaine rédige ses chapitres en liant plusieurs langages. A l’aide de certaines tournures de phrases soutenues, soulignées de quelques maladresses du narrateur, le contexte est évident: conté par un jeune chien, le récit se veut pur et exempt de tout sentiment négatif envers ce monde que Rudi découvre à peine. Si certains éléments ne sont pas simples à concevoir, c’est parce qu’il faut imaginer. Alors que les illustrations tardent à venir, la clarté des pages et la fluidité de lecture laissent place à la créativité et à la réflexion. Elles restent cependant des éléments clés du récit, notamment quant à la compréhension générale du monde dans lequel les protagonistes évoluent.
L’intérêt réel de l’oeuvre ne réside néanmoins pas dans l’aspect jeunesse de celle-ci. A travers le récit, plusieurs morales peuvent être relevées. La mise en scène de protagonistes pas très populaires dans leur milieu dénonce dans un premier temps les réactions primitives que chacun peut avoir envers les autres. De son côté, si Rudi n’adhère pas aux mêmes convictions que ses camarades, il reste physiquement « normal » selon les critères de la société à laquelle il appartient. En ce qui concerne Baguin, sa jeune amie, c’est différent. D’apparence soit disant insolite, elle est victime de discrimination non seulement à l’école, mais également chez son ami: à part Rudi, personne ne semble l’accepter. Ce dernier fini d’ailleurs pas être rejeté lui aussi, pour seule justification de la part de ses parents : « Pourquoi tu ne fréquentes pas les gens normaux ?« , allant même jusqu’à « en faire une obsession. Il faut [qu’il soit] quelqu’un de normal« .
Malgré tout, la répugnance que chacun nourrit vis à vis de cette « bogue » suscite paradoxalement leur intérêt pour elle. Donnant ainsi une représentation de la société plus ou moins véridique, et permettant de rebondir sur le comportement général de celle-ci: devant un fait inacceptable, hors norme, toute le monde criera au dégoût, mais personne ne cessera de s’y intéresser, ou ne s’y opposera. C’est ce même état d’esprit qu’Amélie Nothomb dénonce dans Acide Sulfurique.

S’il fallait mettre un léger bémol sur l’ensemble, ce serait notamment sur quelques divergences au sein du récit. Lorsque l’institutrice affirme qu’ « en revanche, vous avez oublié de mettre vos culotte sous votre jupe!« , celui-ci ne paraît plus aussi éligible aux jeunes enfants qu’annoncé. Dans ces rares cas de figure, le narrateur précise que ni lui, ni ses camarades ne comprennent l’allusion. Certes. Peut-être ces passages sont-ils destinés à un public un peu plus mature, il n’empêche que les jeunes lecteurs passeront devant ces phrases eux-aussi. Mis à part ce léger détail, Deux-amis est une oeuvre attendrissante et surtout pleine de surprises. On s’attache aux deux protagonistes et la suite de la trilogie n’en paraît que plus attirante. Un travail très satisfaisant de la part de Matilda Milliau qui est tout à fait recommandable.

Synopsis

​Bonjour, je suis un chien. Un chien qui va à l’école. Je m’appelle Rudi. Moi qui ai du mal à me faire des amis, aujourd’hui j’ai rencontré…une bogue. C’est-à-dire, une de ces créatures rondes et piquantes qui tombent de certains arbres, les marronniers. Du moins, elle y ressemble beaucoup. Elle s’appelle Bugin et elle va à l’école elle aussi. Là-bas tout le monde se moque d’elle à cause de son apparence bizarre. Tous deux, nous nous lions d’amitié. Tant pis pour ce qu’en disent les autres… Mais la vie a plus d’un tour dans son sac… Quelles surprises nous réserve cette année peu ordinaire?

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