Un espion aux enfers

Article publié le

13 octobre 2020, 07:42:32

par

Telesia

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Un espion aux enfers

Edouard Teulières

2019

256

Fantastique

Satire, Humour

Fantasy

Edouard Teulières, auteur du Cauchemar de Napoléon IV et de Dogate, profite de sa lancée et comble ses lecteurs d’un troisième roman : Un espion aux Enfers. Edité chez Librinova, l’ouvrage n’est certainement pas à revoir. « Humour rafraîchissant », commente un internaute. L’œuvre aborde sous un aspect satirique les problématiques modernes d’une religion qui s’atténue de plus en plus sous les coups bas des organisations mondiales. Tandis que de nombreux croyants se détournent de leur Dieu, le Paradis perd le contrôle et se doit de relever le tir. Un espion aux Enfers, voilà la solution que propose le Créateur. C’est sur un drôle de personnage qu’il jette son dévolu, tandis que l’intéressé se fait une joie d’en tirer un maximum de profit.

*    *    *

Des milliers de cris de désespoir raisonnent aux portes d’un Paradis enfoui sous la pression et le travail. « Pourquoi laisses-tu de telles injustices se produire ? » Et Dieu s’en mord les doigts. Alors que son rival aux Enfers gagne du terrain, la divinité chrétienne voit proportionnellement ses pouvoirs s’amenuiser. Le Paradis perd peu à peu un contrôle nécessaire à la survie de l’humanité.
Un lieu bien loin de l’image qu’on lui attribue cela dit. Hauts dans le ciel, les anges sont à la pointe de la technologie. Ils rédigent, impriment et transmettent montagnes de rapports réguliers, manquent de se faire renverser par des chauffards qu’ils laissent aux mains du commissariat. Tout ça en même temps, tandis que Dieu termine ses journées devant les dernières séries disponibles en streaming.

​A quelques battements d’ailes de là, le dénommé Clint s’ennuie ferme. Selon lui le Paradis, loin d’accorder une vie de rêve et attrayante, n’est en fait qu’un empilement de règles et de vertus d’homme coincé. Et puisque les jeux de hasards sont interdits, lui, ancien flic, est bien décidé à organiser des tas de tournois clandestins pour animer un peu les lieux. Une grande gueule ce Clint, et un sarcasme notoire, à la pointe d’un ridicule significatif. Son manque de discrétion ne manque pas de le faire remarquer, et voilà qu’à juste titre il se retrouve missionné en Enfer.
De quoi faire preuve d’un peu d’humilité, puisque s’y trouvent tout un tas de créatures mythologiques et fantastiques… Un purgatoire à la hauteur des attentes de Dieu, oui. Mais ce qu’il dissimule est d’un surréalisme flamboyant. Derrière la torture d’âmes malsaines se dresse une ville entière, animée d’une chaleur humaine dans une ambiance soir d’été toute l’année. La punition des âmes s’y trouvant réside dans la monnaie des lieux : la gentillesse. Aussi tous les habitants des Enfers sont-ils plus aimables qu’ils ne l’ont jamais été auparavant, puisque tout un chacun sait faire preuve de bons sentiments, lesquels compensent véritablement leur ancienne vie de débauche.

​Un espion aux enfers, ce sont des protagonistes extrêmement attachants, si bien que prendre parti devient difficile. D’un côté Clint, jouant sur deux tableaux, gagnant l’amitié de nombreuses âmes tout aussi sympathiques. De l’autre le Diable lui-même, en conséquence son rival, aimé de tous de par sa générosité et sa joie de vivre. Oui mais ce dernier est heureux tant que son éternel côté enfant gâté est repu.
Edouard Teulières met en exergue l’éternelle querelle opposant Dieu à son ange déchu, alimentée et amplifiée par des mœurs fuyardes. Une façon de souligner à quel point l’humanité projette ses conflits intérieurs sur une religion dont l’ampleur est en comparaison phénoménale. Là où le Créateur mis en scène par l’auteur est droit comme un pilier en béton armé, Un espion aux Enfer dénonce sans appréhension les étiquettes posées sur les fantasmes sociétaux. Ces jugements à l’origine de paradoxes aberrants, tels que celui selon lequel l’acte charnel est défendu par Dieu, pourtant créateur de deux genres procréateurs, sont exposés au lecteur sous une caricature certaine.

​Un brin de suspens, un humour exaltant, et une plume légère pour agrémenter ce roman satirique tout à fait réussi. Edouard Teulières met les mots sur un futur qu’il entraperçoit au travers des mœurs contemporaines ; un avenir où les vices n’existent plus, au profit d’une existence morne sans distraction ni liberté d’expression. Un point de vue subtil au travers d’un rythme lancinant, jusqu’à l’acte final.

Synopsis

En proie aux guerres, à la misère et au désespoir, de nombreux croyants se détournent de Dieu. Ce dernier, sentant la situation lui échapper, joue son va-tout et propose un marché à un pensionnaire du Paradis trop turbulent : se rendre aux Enfers, espionner et enrayer la belle mécanique du royaume du Mal.

Cependant, le dénommé Clint découvre des Enfers aux Antipodes des descriptions habituelles : des paysages attachants et variés, des dinosaures, des édifices audacieux, des gens affables, une monnaie originale. Mais surtout un Diable bien plus jovial et aimable que ce que les mauvaises langues racontent sur lui.

Chargé également par le Diable de mener une mission sur Terre pour assurer définitivement la victoire des Enfers sur le Paradis et forcer ainsi Dieu à quitter son royaume, ce double jeu va obliger Clint à faire preuve de ruse et de sang-froid, parfois d’oublier la pitié.

Et puis, Satan détient certains secrets que, pour rien au monde, il ne souhaite rendre publics. Pourraient-ils être la clé de la victoire ?

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