The Polaroïd Life : Alone

Article publié le

13 octobre 2020 à 07:54:47

par

Telesia

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The Polaroïd Life : Alone

Collectif

Recueil de nouvelles

​C’est un noir et blanc. William Tinchant capture un escalier d’apparence infini. Séparé en deux par une rampe métallique qui n’est pas sans rappeler les stations de métro Françaises, difficile à première vue de cerner s’il monte ou s’il descend. A la suite du recueil Le songeur des Halles, Alone est l’illustration de cette série de marches désertées, sans aucune âme alentour, si bien que tout individu s’y rendant s’y trouverait seul.
Alone, c’est l’équivalent anglais du concept de la solitude. L’humanité, au cours de son existence, a prouvé plus d’une fois qu’il s’agissait d’une notion particulièrement vaste, difficilement représentable dans son ensemble de façon concise. Un argument que les membres du collectif d’auteurs de The Polaroïd Life ont souligné avec force, puisque leurs nouvelles se distinguent toutes les unes des autres pour ouvrir plusieurs pistes de réflexion. Du sentiment d’isolation négatif à celui de pure détente avec l’être aimé, les écrivains livrent une fois encore des récits fabuleux.

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► Seul avec soi-même
​Profondément ancrée au sein de l’esprit, la solitude se fait dévastatrice lorsqu’elle agit comme une barrière infranchissable avec le reste du monde. L’immobilisme physique ou les troubles mentaux en sont la première cause. Une notion qui n’est pas sans rappeler Les anneaux de Bicêtre, roman introspectif de Simenon. La paralysie emprisonne l’individu avec sa propre conscience, menant irrémédiablement à la réflexion, jusqu’à l’introspection – et la folie lorsque le déni ne cède jamais.
Le principe est illustré avec une justesse sans mots par Wictorien Allende, dont le parler sec contraste indubitablement avec sa facilité à sous-entendre et expliquer les émotions et ressentis de ses protagonistes.
« Oui, je fais dans le négationnisme de ma propre condition. », ou la répulsion de l’individu face à sa condition, pour finalement mener à une prise de conscience brutale. Ici, le narrateur relate énormément de détails à l’apparence futile et peu raccord avec le sujet principal – à savoir son immobilisme et sa proximité avec la mort -, une façon de concentrer son esprit sur autre chose. Et pourtant, il s’agit pour lui de lentement cheminer jusqu’à l’immanquable conclusion : la réalité de sa situation, le pourquoi du comment et surtout, l’acceptation.

► « Elle a froid quand elle se glisse dans son lit.
​Des termes en contraste avec la réflexion précédente, bien que le concept ici illustré soit d’autant plus similaire que cette dernière qu’elle en diffère. Outre l’immobilisme dont l’individu n’est plus maître, subsiste l’exclusion sociale, le manque. Un principe moderne que tout un chacun est susceptible de comprendre un jour où l’autre, au gré des relations qu’il entreprend. Se contenter de ce qu’il a comme il peut, alors même que la vie paraît comme le plus grand obstacle qui soit vers l’acceptation de soi. De quoi se poser les bonnes questions, et ouvrir les yeux sur un univers plus positif qu’il ne le laisse croire.

► Seuls au monde, le temps d’un instant
​Si pour certains l’isolement n’est qu’individuel, pour d’autre, il s’agit d’un phénomène de groupe. The Polaroïd Life met ainsi en exergue au travers de Alone une solitude communautaire. Lorsqu’une partie de la société – ou ce qu’il en reste –, se retrouve isolée du reste du monde soit par l’environnement, soit par la pauvreté, les émotions poussent parfois à commettre certaines actions par désespoir. A commencer par celles, persévérantes, synonyme d’espoir justement.
Aussi la station de métro de William Tinchant représente-elle énormément selon les points de vue. Car l’isolement n’est pas toujours négatif. Le lieu que le photographe capture peut tout aussi bien être un lieu de rencontre, qu’il soit romantique ou agressif. L’endroit obscur, rêvé pour un semblant d’intimité, à l’ombre des regards. A l’abris du temps.

Ce sont tout autant de notions illustrées par les récits de tout un collectif, celui sans qui le recueil The Polaroïd Life ne serait pas. Un volume introduit par Wictorien Allende, que nos lecteurs ont agréablement découvert à travers Alexa, une nouvelle éditée par l’Arlésienne dont il est l’auteur. On retrouve l’univers sombre d’un écrivain méticuleux, subtil et rigoureux, tandis que d’autres préfèrent une plume métaphorique et poétique, comme Roselys DesDunes ou Wen Saint Clar. Une fine équipe dont il ne reste plus qu’un chaînon manquant, à découvrir très bientôt sur les Gourmandises Littéraires :
#6 Sorry Angel, Sorry so

Synopsis

Le concept est simple : sélectionner une photographie de la série "The Polaroid Life" réalisée par William Tinchant puis l’illustrer par une histoire, sans style imposé.Les auteurs ont été choisi pour leur talent et la qualité de leur plumes afin de relever ce défi littéraire. À chaque nouvel ebook, un auteur supplémentaire vient s’ajouter aux précédents et désigne la photographie à illustrer.Un livre, une photo, plusieurs visions… mais toujours pour d'inoubliables moments de lecture courts et intenses !

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