Samuel Applegreen : La somme de ce que nous sommes

Article publié le

13 octobre 2020 à 07:47:34

par

Telesia

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Samuel Applegreen : La somme de ce que nous sommes

Olivier Bron

2018

420

Contemporaine

Olivier Bron est auteur-compositeur. Passionné des mots et de leur mélodie, il s’engage sur une nouvelle voie en les couchant sur le papier pour un tout autre projet : son premier roman. De ce dernier émane un message tout à fait particulier, tandis qu’il dépeint la société qui l’entoure de sa plume acerbe et poétique. Il traite de la condition humaine avec une ferveur que son protagoniste reflète avec perfection, une façon pour lui d’étendre son influence grâce à une passion des lettres dont il ne saurait se défaire. Samuel Applegreen, sous-titré La somme de ce que nous sommes, paraît le 6 décembre 2018 chez Librinova.

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► Une vérité déguisée
​Samuel Applegreen. A l’aubre de ses 39 ans, il enchaîne les boulots faciles pour compenser ses lacunes financières. Comédien, étudiant en philosophie dans sa jeunesse, sa personnalité alimente le paradoxe de l’artiste, selon lequel « l’animal n’était pas simple à suivre mais l’humain palliait tout ». Rêveurs ces poètes. Aussi Samuel est-il le narrateur d’un récit très saccadé, dont la prose se fait au rythme de son créateur, compositeur, musicien. De quoi faire perdre et pied et haleine à un lecteur pourtant subjugué par l’histoire excentrique de ce protagoniste tout aussi extravagant. Si cet Applegreen décide soudainement de se livrer au monde de l’édition, c’est parce qu’il nourrit une rancune sans borne. La source de sa déchéance ? Le directeur d’Optic Progress.

"Tests cliniques rémunérés stipulait la plaquette. "

​S’il s’agissait bien d’une expérience, elle ne possédait d’officiel que ce que son créateur voulait bien inventer. Un essai à grande échelle dont la finalité ne pourrait que prouver au monde son génie enfoui depuis des dizaines d’années. Oui mais…Les trois sujets de ce scientifique anonyme ont vu leur vie changer du tout au tout lorsqu’ils ont compris qu’au sommet du crâne de chacun trônait désormais comme un nuage coloré, représentatif de l’état d’esprit, de la personnalité et des agissements intrinsèques de tout individu à portée de vue. Suivis de près par le chercheur, il s’agit pour lui d’évaluer leur façon d’appréhender leur nouvelle vision. Cela dit Julien, Joséphine et Samuel ne voient pas la chose de cette façon.

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► Affirmation ou oubli de soi ?
​C’est toute une phase de compréhension que traverse Applegreen tandis qu’il tente tant bien que mal d’adapter ses réactions au comportement des nuages, qu’il ne cesse d’observer. Samuel est bleu, c’est-à-dire vulnérable ; un constat loin de refléter son ressenti vis-à-vis de son existence. « Ma belle morale pliait sous le poids de la réalité », une triste vérité. Olivier Bron insiste pertinemment là-dessus : les vertus ne sont jamais bénéfiques pour soi, l’abnégation bouffe son hôte. Une notion parfaitement illustrée par la capacité de ces « bestioles » d’avaler celles des autres lorsqu’elles ont le dessus sur les interlocuteurs de l’individu. Tout est très subtil, puisqu’il s’agit de cerner les intentions et faiblesses de l’autre, rarement discernables à l’œil nu.

« J’avais le pouvoir de lire ce qui se tramait dans mon dos, de m’en servir à dessein. »

​C’est cette idée en tête que Samuel se lance dans la quête d’une affirmation de soi pourtant factice. L’objectif est de se démarquer, d’atteindre les sommets. Mais il sacrifie aveuglément une forte personnalité qui s’étiole, pour peu à peu se fondre dans la masse d’une rumeur sociétale terne. Finalement, les piédestaux communautaires ne sont que parure, tandis que les plus bas sur l’échelle de la popularité sont en réalité uniques. Une notion parfaitement illustrée par la relation qu’entretien Joséphine avec Mehdi, sont amant passager. Et en effet, ce sont leurs points communs qu’ils voient peu à peu se dissoudre dans la prise d’assurance de Joséphine, tandis qu’elle progresse vers une apparente compréhension d’elle-même. En somme, Olivier Bron dénonce impitoyablement le manque de discernement de chacun, tandis que nous nous évertuons à prendre conscience non pas de nos défauts relationnels purs, mais de nos lacunes vis-à-vis d’une société élitiste au possible.

« J’avais le moi d’avant sous les yeux, guindé, gonflé d’une intégrité suicidaire. »

​Tout ce que nous devrions être, tout ce que nous ne sommes plus.

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Un roman aux problématiques contemporaines d’un sérieux grave, tempéré par des notes d’humour incroyables. Samuel Applegreen, sarcastique, spontané et sincère, un protagoniste à ne pas louper.

Synopsis

Comment réagiriez-vous s’il vous était donné de voir des couleurs sur la tête des gens ? Que ces couleurs se déploient et communiquent entre elles, échangent, cohabitent ou se pillent… Que feriez-vous de ce phénomène si vous vous rendiez compte qu’il vous permet de lire les intentions, bienveillantes ou néfastes, du monde qui vous entoure ?

Nous étions trois à avoir été soumis à cette expérience, menée, je le précise, à notre insu. J’ai mis du temps à comprendre. Autant à pardonner. Ce que nous allions vivre bouleverserait jusqu’à la plus petite virgule de nos existences. Tout. Je vous raconte ?

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