Saga Drenaï - T7 : La légende de Marche-Mort

Article publié le

26 octobre 2020 à 09:08:30

par

Telesia

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Titre original :

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Pages :

The Legend of Deathwalker

David Gemmel

1996

480

Fantasy

[AVIS LECTURE]
C'est le deuxième roman de David Gemmel que je lis. Pour rappel, j'ai acquis la grande majorité de son oeuvre il y a quelques années lors des opérations intégrales de Bragelonne. A l'époque, je ne connaissais pas bien l'éditeur, et je me voyais mal "jeter" mes exemplaires alors que je les avais payés. Bref, La légende de Marche-Mort fait plus ou moins suite à Druss la Légende, puisque les événements se passent un peu avant la fin de ce volume. Druss et sa femme vivent encore ensemble dans leur ferme, et le paysan est déjà connu de tout son pays. Incapable de se contenter d'une vie calme et paisible, il embarque pour une énième aventure et s'engage dans les Jeux de la Fraternité, à l'autre bout du continent, dans une nation qu'il ne connait pas.

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Côté format, le récit est en fait énoncé par Druss lui-même, à l'intention d'un jeune soldat nommé Pellin. Apeuré par la guerre que son pays, Drenaï, mène contre les Nadirs, il trouve réconfort auprès de sa légende ; laquelle lui raconte qu'il a connu un homme du même prénom que lui, alors qu'il menait une quête auprès de ces mêmes hommes qui leur font désormais front.

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► Je m'ennuyais comme pas possible. C'est l'une des malédictions de ma vie, mon garçon. Je m'ennuie très vite !


J'apprécie beaucoup la narration de David Gemmel, par son style sans âge. Ma soeur pensait dur comme fer qu'il s'agissait d'un roman contemporain, daté de ces dernières années... Mais ce volume là est paru en 1996. J'ai rapidement été conquise par cet auteur donc, lequel aborde de nombreux sujets somme toute modernes, ainsi que des états d'esprit véritables. La problématique de l'ennui a soulevé de nombreux rires à la maison hier, simplement parce qu'elle me convient totalement. Je ne tiens pas en place, c'est un fait. Lire les aventures de Druss, c'est un peu les vivre moi-même. Un gros plus pour l'auteur selon moi.

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De nombreux noms évoqués avec force dans le volume précédent du Cycle Drenaï refont surface dans celui-ci. Sieben refait alors son apparition, poète pas peu fier de sa saga intitulée "Druss la Légende", vous n'en serez pas étonnés. Fidèle à lui-même, c'est Archibald dans La Passe-Miroir, le Fou dans L'Assassin Royal, bref, cet être atypique toujours plein de surprises. Quelque part, il est aussi une extension de Druss, sa sagesse, son intellectuel. De son existence très limpide, le guerrier à la hâche ne mesure pas les nuances du bien et du mal. Concerné par une cause ou une conviction, il agit impulsivement selon ce qu'il juge juste sur le moment. Il s'agit probablement de la raison pour laquelle il se retrouve toujours en guerre dans des camps différents. D'abord avec les drenaï, ensuite chez les Ventrians... reconnu chez les Golthirs pour ensuite les affronter aux côtés des Nadirs qui finiront par envahir le pays Drenaï. Que de changements d'allégeance - quoique le mot ne soit pas correct - qui n'en finiront pas de transmettre au lecteur une affection et un attachement certain pour ces nombreux peuples, tous si particuliers et spécifiques à leurs origines et à leurs légendes respectives.

A terme, Druss se sera fait un nom chez toutes ces populations. Sieben de son côté, toujours plus présent auprès de son seul ami, tente toujours tant bien que mal de moduler la spontanéité de son compagnon de route. Avec lui, il se sent vivre et revivre. Avec lui, il se sent libre et aventurier. Mais Sieben n'est pas le sage sans défauts. Envers lui-même, il mène également un combat dont il ne ressortira peut-être que plus blessé. Esprit virevoltant, il vit sans attache, rêve pourtant de trouver la stabilité qui ne l'ennuiera pas. A nouveau, cette notion d'ennui de l'esprit.

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► Chaque question à laquelle on a répondu mène à sept autres questions. Par conséquent, un étudiant qui cherche à rassembler du savoir ne fera que prendre conscience de tout ce qu'il lui reste à découvrir.


David Gemmel semble avoir cette conscience accrue de l'univers et de ses subtilités. Il y a tant de citations que j'aurais pu prendre en note tant elles sont pleines de vérité mais, finalement, ce n'est pas un auteur que l'on "étudie". Plutôt un auteur dont on savoure les réflexions et les écrits. C'est énoncé de façon si légère que l'esprit s'imprègne de chaque mot, de chaque vérité.

L'étendue du savoir reste si vaste que ses limites restent, à ce jour, inexistantes. S'égarer dans les méandres de la connaissance est un risque à prendre pour tout curieux avide de discernement. L'auteur évoque le chiffre sept, chiffre de la perfection. Ce sont tout autant de nouvelles pistes de réflexions qui se dressent devant chaque nouvel élément de réponse. Un principe fascinant, infiniment grand.

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La légende de Marche-Mort est somme toute un volume très politique. Le premier, centré sur le personnage de Druss, développait à la fois sa psychologie et son ambition. Aujourd'hui, Druss doit faire ses choix au dépend des conséquences sur la diplomatie du continent. A l'origine mu par son coeur et sa dette envers un ami gravement blessé, le guerrier trentenaire empoigne sa hache à la recherche d'un joyau dont la signification pèse sur tout un peuple : celui des Nadirs.

Leur population, organisée en tribus, peine énormément à obtenir le respect des autres nations pour la simple et bonne raison qu'ils ne cessent de se faire la guerre entre eux. Hostiles, considérés stupides et brutes, les Nadirs sont isolées de leurs voisins contre leur volonté. Victimes d'actes atroces perpétués par certains dirigeants, ils rêvent de ce jour où l'Unificateur viendra les réunir sous un seul et même chef.

► Les plaines Nadires, une gigantesque étendue désertique, sèche, aride et inhospitalière.

Les Nadirs semblent avoir hérité des pires conditions d'installation sur le continent, leur isolement s'est donc fait naturellement. Je suis surprise de m'être prise d'affection pour ce peuple qui, malgré leur brutalité robuste et instinctive, rêve de grandeur et de gloire honnête. Druss aura combattu pour eux à la foi par volonté et contre son gré contre une nation sans honneur.

A la lecture de l'Histoire Nadire, leur condition inspire malgré moi la pitié. Raflés, ils se sont vu voler leurs enfants, lesquels auront été éduqués selon des moeurs qui ne sont pas les leurs. Victimes d'un racisme qui n'a pas été sans me rappeler la politique Hitlérienne, leur condition a été sans équivoque LE critère qui m'a fait prendre leur parti.

Désespérés de retrouver ces mêmes joyaux que recherchent Druss et Sieben, les tribus Nadires décident de se battre à la foi pour leur honneur et leur avenir, droits dans leurs bottes, fiers de leurs origines et de leurs valeurs. Pourtant, les dirigeants des autres nations ne sont pas vraiment enclins à les considérer comme des égaux. On parle politique et diplomatie, on tente d'éviter des guerres dites inutiles en justifiant des choix pourtant inhumains. La vérité, c'est que les gouvernements des nations voisines ne pensent qu'à l'économie de leur propre nation, dépendante de l'économie du continent tout entier. Pour conserver leur pouvoir, il est tout simplement inconcevable de laisser les Nadirs gagner en influence. Pour ce faire, les inciter à se diviser toujours plus, saccager leurs lieux de culte, seul carrefour de trêve et de paix.

La problématique Nadire, tout au long du récit, reflète la quête d'identité d'une nation dés-unifiée, méprisée de tous. Un axe de narration et de réflexion mis en parallèle avec l'introspection de Druss, illustrée par les discours de Sieben.

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► Tu as vraiment une vie passionnante, mon ami.

Il est marié. Druss a une femme, et il s'est battu pour la garder à ses côtés, face aux malheurs que la vie lui aura jetés en pleine figure. S'il ne sait pas vivre sans la guerre, la guerre ne sait pas être sans lui... tandis que sa ferme et sa femme subsistent à travers les années, identiques et fidèles à eux-mêmes. Face à l'ampleur que prend le combat dans lequel il s'est jeté, Druss prend conscience que sa quête initiale, pourtant destinée à un ami de valeur, concernait désormais l'équilibre du continent tout entier. Son combat est-il légitime ? Quelle importance pour sa misérable existence que les Nadirs gagnent leur indépendance organisée ou qu'ils tombent sous le joug de leurs adversaires ? Ne peut-il pas rentrer chez lui à la place, et donner à sa femme l'opportunité de donner naissance à un fils ?
C'est toute une réflexion que mène Druss tandis qu'il accumule les années. Pourtant, sa condition le résigne. Saura-t-il exister sans faire la guerre ? Rowena est persuadée que non.

Alors Druss fait confiance aux prophéties pour mener sa vie. Entre ce qui devrait être et ce qui pourrait être, il accepte d'être la pièce motrice de l'avenir des terres qu'il foule

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En bref, une lecture qui m'a foudroyée. J'ai vraiment adoré, et je continuerai de lire cet auteur, rien que pour explorer tous les recoins de l'univers qu'il nous décrit

Synopsis

Le vieux guerrier se nomme Druss, mais on l'appelle Légende. Sa vie est un combat sans fin : deux bras maniant la hache au nom de l'honneur et de la justice. Pour l'ennemi nadir, il est Marche-Mort, un surnom sombre et maléfique, synonyme de destruction. A la veille de son dernier combat, le vieux guerrier raconte à une jeune recrue comment il a obtenu ce titre. Comment des années auparavant, il s'est embarqué aux côtés de l'énigmatique Talisman, un jeune guerrier nadir, dans la plus incroyable des aventures, en quête des joyaux d'Alchazzar, et comment cette épopée l'a conduit jusqu'au plus profond du royaume des morts. Lorsque Légende se lève et marche, il ne fait pas bon se dresser sur sa route...

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