My way

Article publié le

13 octobre 2020 à 10:48:33

par

Telesia

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My way

Sanji Divas

2020

391

Contemporaine

Sanji Divas se lance dans l’écriture par nécessité. Troublée par une vie privée éprouvante, elle écrit My way comme une thérapie « face aux traumatismes de l’enfance et aux failles du présent ». Reflet de ses propres tourments, le roman de Sanji Divas entre dans les codes de la littérature contemporaine. Récit de voyage, mais aussi récit de vie quoique sur une période condensée, My way est de ces écrits qui, contre toute attente, décrivent leur auteur avec une transparence limpide. Aussi et sans grande surprise y trouve-t-on autant de réflexions personnelles que d’opinions partiales. Lucie, 40 ans, lancée dans un tour du monde sans retour, serait-elle donc la projection de sa créatrice sur le papier d’un texte aux promesses appuyées ?

*    *    *

C’est une histoire pleine de vie, à l’inverse de l’état d’esprit de Lucie, sans emploi ni famille. En plein dans « la remise en question de la quarantaine », la quadragénaire a cette « sensation de ne jamais être à sa place ». Aux prises d’un mal-être presque maladif, aux portes d’un gouffre sans fond creusé suite à une amnésie traumatique, Lucie exprime doucement sa narration au fil de pensées négatives. Ses descriptions sonnent alors comme un coup de massue. Une façon d’introduire une introspection profonde et engagée, tandis que certains propos se veulent propices au développement personnel. Forte de ses champs lexicaux péjoratifs, l’auteure laisse espérer en vain une évolution psychologique progressive par le biais d’une vision de plus en plus optimiste de son environnement par son protagoniste central. Au lieu de quoi s’établit brutalement un changement de registre total, alors que Lucie s’émerveille presque par enchantement dès ses premiers pas de voyageuse.
Je ne le savais pas encore mais c’était la première personne qui allait changer ma vie
​Le fil des rencontres, toutes plus inespérées les unes que les autres, sonne comme une promesse de rédemption. Chacune d’entre elle semble redonner un peu plus espoir à Lucie en l’humanité, étape par étape, tandis qu’elles se distinguent par leurs valeurs et opinions, uniques parmi tant d’autres. My way évoque sans cesse ces rencontres éphémères qui, l’une après l’autre, rappellent chaque fois à la voyageuse un intérêt à la vie. C’est ainsi que Lucie, ébahie, cherche à se reconstruire doucement au fur et à mesure d’une prise de conscience progressiste, prenant conscience des origines de son mal-être et de leurs conséquences sur celle qu’elle est aujourd’hui.
L’humain croit en la punition comme moyen pour exprimer sa culpabilité
​ Un chemin saccadé, vers la connaissance et l’acceptation de soi ; une ascension vers la paix intérieure interrompue par de nombreux faits de voyage dont l’équilibre avec les autres axes du récits est sans conteste sujet à débat.
Le voyage est un catalyseur à l’ouverture d’esprit. Le choc culturel de Lucie est grand. Ce qu’elle découvre au-delà des frontières est loin des capacités de son imagination d’Européenne. Elle découvre des croyances axées sur de nombreuses valeurs perdues ou diluées en occident. Au gré des routes, ses pas la mènent inexorablement vers de nombreux lieux aux significations locales profondes. My way est un océan de termes culturels dont la signification n’est pas toujours claire ; une mer – pour ne pas dire une énumération – de noms propres noyés dans une géographie inexistante. Si les descriptions font défaut, c’est au dépend de la vie du récit, du voyage du lecteur, trop atténué pour être vécu.
Lucie, elle, s’en voit grandie. Culturellement ressourcée, l’expérience qu’elle se forge lui permet de prendre du recul sur sa propre existence, sur le confort qu’elle lui offre. Enthousiaste et certainement pas plaintive, elle mène son bout de chemin tantôt seule tantôt accompagnée, heureuse de son initiative.
Finalement, Sanji Divas parvient à faire passer son message. Elle dérange les consciences négatives, les états d’esprits moroses. Par son récit, elle transmet une volonté de vivre au sein d’un monde si vaste en couleurs et en émotions. L’auteure pousse le relationnel au premier plan du tableau. De façon plus ou moins subtile, elle mène doucement son investigation, son analyse de la nature humaine. Son jugement se fait somme toute ressentir en deux axes distincts. D’abord par son imperfection, représentée par une société fragile, imagée par des opinions politiques marqués. Ensuite par sa bonté et son amour, à travers plusieurs rencontres fabuleuses, toujours plus fortes, quoique parfois improbables.

My way est un récit dont la finalité est d’une contradiction maladroite. D’un côté, une psychologie somme toute survolée. De l’autre, l’axe d’un voyage tellement alimenté qu’il en devient impersonnel, vécu de loin, trop rapidement. Sans conteste acteur de la littérature contemporaine, le roman de Sanji Divas laisse néanmoins réfléchir à la façon dont chacun, en tant qu’individu, perçoit la valeur de son existence. Un récit au potentiel fort, dont les imperfections sauront faire levier à l’auteure, en passe d’enrichir sa plume aussi bien que son œuvre.

Synopsis

Je m’appelle Lucie, j’ai 40 ans, je suis française, célibataire et sans emploi. En résumé, rien ne va dans ma vie. C’est pour cette raison que j’ai décidé d’en finir. Mais avant de mettre un point final à cette histoire, je veux d’abord vivre intensément. Je vais faire un tour du monde qui me mènera à ma destination finale, le lieu le plus au sud de la planète, la Patagonie. Et là, je serai prête à partir.

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