Le voyage de Kirikoustra

Article publié le

12 octobre 2020, 08:49:32

par

Telesia

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Le voyage de Kirikoustra

Kirikoustra

2017

328

Contemporaine

​La littérature, que l’on a toujours considérée comme innovatrice, représente dans nos esprits une opportunité de s’exprimer librement sur quelque sujet qui soit de notre intérêt ou de notre tracas. Ainsi, si l’on suit ce principe, chacun serait en mesure de créer une oeuvre unique, personnelle et… littéraire. Mais qu’est-ce que la littérature ? A travers ses propres écrits, l’auteur de Kirikoustra nous démontre qu’en réalité, le genre a ses frontières; des limites que l’on ne repousse plus. Mais que se passe-t-il si l’on décide de briser les conventions, et d’offrir au public quelque chose de totalement différent ? D’ailleurs, pourquoi ne pas en profiter pour mêler poésie et philosophie, et par la même occasion pour donner son avis sur certains autres aspects de la vie et de la société actuelles ? Ce sont à ces questions que Kirikoustra répond, en s’adressant à un public ouvert et un tant soit peu averti.

*    *    *

A ce qu’on qualifie de littéraire peuvent être associés des protocoles très stricts -la règle des trois unités au théâtre, les structures de vers et de strophes en poésie, les scénarios récurrents des genres romanesques, entre autres. Si chacun y fait sans arrêt référence, c’est parce que nous sommes désormais incapables -dans la grande majorité- d’imaginer la littérature autrement. Alors bien sûr, les styles changent, les époques marquent les œuvres, mais tout ceci est inconscient et invisible dans le présent. Comme l’auteur de Kirikoustra le souligne, les pages qu’il remplit n’ont aucun sens; ils ne suivent pas de schéma pré-établi, et n’ont pas d’objectif particulier. Aussi le récit semble-t-il être une mise à l’écrit de pensées personnelles: tantôt elles soulignent les défauts d’une société moderne, tantôt elles mènent une introspection profonde et très individuelle.
Pour ce faire, l’écrivain utilise une syntaxe très poétique, simple, sans détours inutiles. Les paragraphes sont constitués de phrases courtes, donnant ainsi à la lecture un rythme saccadé, presque impatient, de même que les méandres de nos pensées vagabondes. Néanmoins, bien qu’il s’agisse apparemment d’une oeuvre sans plan ni structure, celle-ci est très travaillée. On y retrouve les réflexions de Kirikoustra, un personnage intéressant qui ne cesse de débattre avec sa Plume. Leurs échanges sont spontanés et plaisants, de par leur gaieté et leur allure comique. Les chapitres qu’ils construisent ensembles représentent une première partie de l’oeuvre, assez mystérieuse et très peu claire. En effet, ils parlent d’Esprits Premiers et d’Homme Dernier. Qui sont-ils ? Sont-ils du ressort de la Fantasy ou de la réalité ? Dans un premier tome très particulier, toutes les réponses ne nous sont pas données.
En parallèle à ces chapitres assez philosophiques, le lecteur est également confronté à d’autres parties plus simples de compréhension: les problématiques sont plus accessibles, et l’ensemble paraît moins… virevoltant. Il est assez difficile de mettre un mot sur cette caractéristique, mais disons que ces chapitres ont plus les pieds sur terre, ils sont plus directs et touchent à du concret. Dans ses Chroniques d’une société moderne, l’auteur de Kirikoustra donne son avis personnel sur de nombreux aspects de notre fonctionnement: notre égoïsme -conscient et inconscient-, notre manque de tolérance, nos valeurs tellement nuancées qu’elles n’en sont plus réellement. L’oeuvre porte un regard accusateur sur l’Humanité, ainsi que sur son évolution, et invite par la même occasion à réfléchir sur soi, sur nos convictions qui peuvent nous paraître justes sans que ce soit réellement le cas, mais aussi à faire la part des choses, et à cesser de ne voir que la partie émergée de l’iceberg.

Si l’auteur affirme que l’oeuvre n’a pas de sens, et qu’elle n’a aucunement l’ambition d’être utile, elle fait malgré tout réfléchir. Les propos tenus sont véridiques, et chacun a le loisir de les interpréter comme il l’entend. A travers Kirikoustra, l’auteur nous invite dans son univers: un monde humble, au sein duquel il ne revendique rien. Avec deux styles d’écriture très contrastés, il permet au lecteur une remise en question -ou tout du moins une réflexion guidée-, en donnant son avis détaillé et argumenté. Comme le précise le titre de l’oeuvre, ceci n’était que le Livre Premier, et ne représentait sûrement que le début d’un très long voyage. Espérons que Kirikoustra ne cesse de vagabonder à droite et à gauche, quitte à parfois perdre de vue son objectif, puisque de toutes les façons, tous les chemins mènent à Rome l’Homme Dernier…

Synopsis

L’auteur à créé Kirikoustra, personnage fabuleux qui fait le lien entre passé et présent : en effet, ce fin conteur explore la mythologie avec beaucoup de sagesse et revient régulièrement dans le présent pour nous en donner sa vision à travers des témoignages du quotidien. Inaugure-t-il un style littéraire nouveau dans cet ouvrage qui parle de l’humain ? Ci-dessus une appréciation laissé par une lectrice de Kirikoustra. Je me permets donc de la reprendre et d’en faire le synopsis de l’ouvrage. Sûrement me direz-vous que cela n’est point un synopsis, mais Kirikoustra est bien de ceux qui se refusent à être enfermés dans toutes ces cases.

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