La vallée des belles rencontres, T1 : Chez Léonie

Article publié le

9 avril 2021 à 12:51:53

par

Telesia

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Titre original :

Auteur : 

Date de sortie :

Genre :

Pages :

Chez Léonie

Jenny Richard

2021

331

Feel-good

Chez les Editions Feel So Good, l’évasion de l’esprit s’accorde avec le développement personnel. Adeptes des récits de reconstruction personnelle ou d’expérience de « vie de femmes et d’hommes comme vous qui décident de tout changer », les lectrices à la tête de cette maison d’édition font tout de leur possible pour partager du bien-être, de la bienveillance et, en l’occurrence, des belles rencontres. C’est ainsi que Jenny Richard, globe-trotteuse et assidue quand il s’agit d’écrire, s’est tournée vers Feel So Good pour communiquer au monde sa joie de vivre et celle de ses protagonistes à travers sa toute nouvelle série : [La vallée des belles rencontres].
Au moyen d’une double temporalité et donc d’un format dédoublé pour le moins déroutant, Jenny Richard livre un récit hors du temps tandis qu’elle confronte la mécanique fluide d’une communauté soudée aux problématiques individuelles de chaque être qui la compose. Entre bienveillance recherche de soi, les enjeux sont grands et les difficultés réelles. Pourtant, en véritable roman feel-good, [Chez Léonie] tient ses promesses et apporte son lot de légèreté et de soulagement à des existences pas forcément plus simples que les nôtres où il est donc simple de se projeter.

*    *    *

La vallée des belles rencontres, c’est avant tout le cheminement d’une âme (ou de plusieurs âmes) vers le sentiment d’appartenance, vers l’intégration à un ensemble solide et fragile à la fois. « Le groupe avait trouvé son équilibre et ses marques […]. Même si les liens qui les unissaient étaient encore fragiles, on constatait une cohésion naissante ». On souligne alors vivement le processus de mise en place d’une relation stable, de confiance. De l’indifférence envers celui ou celle qu’on remarque à peine à l’être proche devenu cher, à la limite de la synchronicité ; en passant par la duologie gêne – curiosité au moment de remarquer vraiment l’autre, par la découverte approfondie et respectueuse de l’autre et de tous ces détails qui font de l’autre un être unique, en atteignant finalement cette complicité confortable.

[Chez Léonie], c’est aussi cet ensemble de tranches de vie, ces morceaux d’existence isolés dont à l’origine le seul point commun est ce point de convergence que représente Chez Léonie, ce même café – ou salon de thé – représentatif d’une croisée des chemins spectaculaire. La complémentarité des personnalités et des problématiques individuelle forme alors un ensemble homogène et équilibré, permettant alors à cette petite communauté de rester soudée et d’entretenir des notions telles que l’entraide et l’écoute.

Finalement, chacun a sa part à jouer dans le labeur collectif de Château-sur-foin, cette commune vivifiante où la communion et la joie de découvrir ensemble nourrit l’empathie et la compréhension de l’autre. Une façon juste de tous intégrer ce sentiment d’appartenance et d’entretenir la cohésion de groupe.



Et c’est grâce à toutes ces belles coïncidences que tous se croisent et se rencontrent, qu’ils partagent leurs joies comme leurs peines et qu’ils se soutiennent, surtout.



« Tous semblent arriver à un tournant de leur vie. Réussiront ils à saisir le bonheur qui s’offre à eux ? »

La vallée des belles rencontres, et plus précisément son premier tome sont une douce introduction à de nombreux sujets plutôt forts. Plusieurs enjeux et problématiques sociaux et relationnels sont abordés mais pas forcément approfondis, laissant au lecteur la liberté de se projeter, de ressentir et des s’approprier la question en associant vécu et lecture.

D’abord, il y a cette bienveillance ancrée dans les mœurs de Château-sur-foin à laquelle on n’échappe pas. C’est Gwenn, ‘celle qui vient de l’extérieur’ qui en fait la plus forte expérience. Habituée au dédain des autres et au sarcasme de ceux qui, en même temps que d’être ses camarades, restent ses rivaux, elle expérimente avec de plus en plus de sérénité cette force qui unit son village comme une grande famille sans frontières.

« Elle comprit alors qu’ils étaient sincères et ne voulaient en aucun cas la blesser. »

Ensuite, et c’est une suite logique, Jenny Richard met fortement l’accent sur le rôle de la communication et de l’efficacité relationnelle quand il s’agit de s’ouvrir à l’autre. Elle nous parle de harcèlement et de la limite qu’il y a entre une relation saine et une relation toxique, des difficultés d’harmoniser les définitions et de s’écouter l’un et l’autre sur ce sujet presque tabou. Doit-on décider pour l’autre – en considérant qu’il est incapable de faire lui-même la distinction entre ce qui est bon ou mauvais pour lui – ou doit-on le laisser décider – pour son propre bien-être et bonheur ?

S’écouter tout en écoutant l’autre, rester égoïste tout en étant bienveillant et à l’écoute, c’est quelque part la meilleure voie vers la possibilité de s’aimer librement. « Ce n’est pas à vous de décider si vous êtes bon ou pas pour quelqu’un. Laissez-la faire ses choix. » Un conseil qui vaut pour tant d’autres sujets abordés avec plus ou moins de profondeur dans ce récit si riche : comment faire son deuil tout en continuant de vivre pleinement ? mais aussi la recherche de soi, se sentir partagé entre ses émotions, ses sentiments et les mœurs, l’éthique de la communauté environnante.



La vallée des belles rencontres : Chez Léonie. Un roman feel good qui tient la plupart de ses promesses. Il s’agit vraiment d’un récit hors du temps. Les rares indications sur l’âge des personnages apporte une liberté d’interprétation des événements : chaque protagoniste vit pleinement car ‘il n’a qu’une vie’, et chacun d’entre eux évolue indépendamment de son âge, des contraintes qui y sont liées de sorte que tous ont droit à leur expérience de vie sans être jugés ni par leur condition, ni par leurs origines.

« Les temps changent, jeunes filles ! Pourquoi est-ce toujours aux hommes de faire le premier pas ? […] Ils sont aussi vulnérables que tout le monde. »

En bref, Chez Léonie respecte tous les codes du genre. Si on ne retrouve pas cet aspect cosy et chaleureux qu’un tel titre peut laisser entrevoir, on fait en revanche face à un récit plein de légèreté, un véritable bol d’air frais accompagné comme d’une senteur de prairie au printemps. Ce début de série très prometteur sème ses graines sur des sujets épineux, pas évidents à évoquer lorsqu’ils nous concernent directement, mais dont on se sent rapidement délivrés grâce aux bons conseils des habitants de Château-sur-foin. On parle donc de problématiques profondes sur lesquelles chacun peut se projeter, au détriment de personnages pas forcément très approfondis : on mise alors sur l’attachement aux protagonistes sur le long terme, et donc sur plusieurs tomes… de quoi alimenter l’impatience des lecteurs ! Rendez-vous le 16 Avril pour la parution du second volume.

Et en tant que lectrice...
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› J'étais vraiment impatiente de commencer Chez Léonie. Le titre et la couverture m'ont tellement inspiré une ambiance cosy et chaleureuse, du style cocooning sous la couette, avec feu de bois et un bon livre ! En réalité, c'était tout l'inverse : plein air, beau temps, tons clairs et bon vivre. Une fois la surprise atténuée, j'ai passé un très bon moment.

› On est dans le format classique du feel-good où chaque protagoniste porte son lot de joies et de peines, pour qu'on puisse toujours se projeter en tant que lecteur. L'avantage, c'est qu'il y a quoiqu'il en soit ce sentiment de compréhension et l'impression de se sentir soi-même compris. Le désavantage, c'est qu'on est loin de l'analyse introspective poussée - après tout, c'est pas non plus l'objectif ici.

› Je sais que beaucoup de lecteurs se sont plus ou moins plaint du très grand nombre de personnages. En ce qui me concerne, je les ai tous trouvés très bien amenés, et la distinction des prénoms aide beaucoup à les différencier. Ce n'est pas un point qui m'a gênée, loin de là.

› En fait, pour résumer ma lecture, je dirais qu'elle était rafraichissante et pertinente, pleine de réflexions profondes et nécessaires au développement de soi et de son bien-être. A lire en toute saison, à tout moment, pourvu que vous ayez envie de découvrir la douce famille de Chateau-sur-foin.

Synopsis

Au coeur de la vallée coule un long fleuve pas si tranquille...

En octobre aura lieu la fête du tricentenaire de la petite bourgade
de Château-sur-foin. Pour l’occasion, toute la ville se mobilise afin
de rendre cette fête mémorable. Le salon de thé « Chez Léonie »,
une institution du village, est devenu le théâtre des nombreuses
préparations de cet évènement et des histoires de chacun. Entre
Matthew, professeur dévoué, tombé sous le charme d’une de ses
élèves, Marie et Gatien dont le couple traverse une crise ou Léonie
dont le quotidien est chamboulé par la passation de son salon de thé
et Edgard qui ne la laisse pas si indifférente... tous semblent arriver à
un tournant de leur vie.
Réussiront-ils à saisir le bonheur qui s’offre à eux ?

Avec cette nouvelle saga, Jenny Richard nous livre un
récit touchant et poétique, mêlant et tissant le destin de ses
personnages avec dextérité.

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