La peau du monstre

Article publié le

13 octobre 2020, 10:50:20

par

Telesia

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La peau du monstre

Stella Tanagra

2020

138

Recueil de nouvelles

Elle s’est présentée aux IS Editions comme en décalage avec les normes sociales d’aujourd’hui. Stella Tanagra, discriminée pour ce qu’elle est, s’est faite familière du principe de monstruosité. L’exploitant depuis de nombreuses années pour se délivrer d’un mal-être qui la ronge, elle se libère de ce qu’elle n’est pas autorisée à exprimer autrement qu’à travers de nombreux écrits. En Mars 2020, elle touche à nouveau ses lecteurs en publiant son tout récent recueil de nouvelles : La peau du monstre.

*    *    *

La nature elle-même se voit pervertie par les nouvelles de Stella. C’est le reflux du déguisement, laissant place à la vérité. L’acte malveillant reflète un espoir désespéré. Là où la blessure ne guérit pas, l’individu y force le remède. Le besoin de reconnaissance, le sentiment d’insignifiance… ce sont tout autant d’éléments facteurs de monstruosité néfaste, pourtant d’origine sincère et authentique.

​ "La mort avait pris vie sans m’avertir. Il fallait tuer la mort."

​ Stella redessine le contexte. « En aucun cas, il [le monstre] ne se restreint à des êtres malveillants ou maléfiques ». Il s’agit de sa conviction la plus profonde, et les faits lui donnent raison. L’innocence, étroitement liée à l’ignorance naïve qu’on retrouve chez Candide ou Caddy – dans l’œuvre de W. Faulkner –, laisse doucement couler le destin des plus désarmés vers quelque situation insolite dont le caractère morbide ou inhumain leur échappe inconsciemment. L’opposition au contraste brutal de l’innocence et de l’environnement de l’individu rend le tableau monstrueux, aux allures de cauchemar plus que de réalité. Contraste vivement représenté par le choix pertinent des champs lexicaux intégrés à la narration. Aussi la douceur des paroles s’oppose-t-elle à la rudesse des actes ; la beauté à la laideur ; l’innocence à la culpabilité. Stella jongle avec des thèmes précieux, des problématiques douloureuses par lesquelles chacun de nous aura été concerné dans son intimité. Elle fait de sa réalité notre réalité.

​ Incomprise, l’autrice invite son lecteur à s’immiscer au sein même de la monstruosité ; à comprendre ses nuance. A la comprendre elle, en tant que personne et non en tant que monstre, défaut de la nature.

C’est un mélange de genres. Le monstre, monstrare, est en dehors des conventions. « Il symbolise ce vers quoi il ne faut pas tendre afin de respecter les conformations sociales adéquates », agit comme une limite aux tentations, à ce que l’Homme a toujours considéré comme vices. « Montrée du doigt comme un monstre », Stella Tanagra exprime au sein de ses récits ce que le monde réel ne lui permet pas de vivre librement. Elle y aborde ces thèmes qui lui tiennent à cœur et la représentent. On y trouve les symboles d’une perversion enfouie de la nature humaine, inlassablement exprimés par les notions de corporalité, d’intimité et de rapport à l’autre.

Synopsis

Et si nous franchissions la frontière qui à la fois nous lie et nous sépare du monstre ?

Au fil de ce recueil, l'auteur dissèque les différentes peaux du monstre, de transfigurations en métamorphoses, lui rendant tantôt son humanité ou sa bestialité, révélant aussi bien sa suprématie que ses bassesses.

Quelle que soit sa forme, la monstruosité de l’Homme se donne en représentation là où vous ne la soupçonneriez peut-être pas... C'est ce que vous découvrirez dans ce livre hors normes.

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