La fureur douce

Article publié le

9 mars 2021 à 15:50:56

par

Telesia

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Titre original :

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La fureur douce

Léa Braun

2018

228

Contemporaine

Paris. Dans les années 80, Léa s'oublie sous le ciel gris d'un hiver terne. Dépendante de sa peine, elle dégage une morosité si poignante que sa condition reflète un mode de vie dépravé, dépourvu de tout espoir. Léa côtoie la déchéance de l'esprit.
❝ La vie n'avait plus aucun sens ces derniers temps... ❞
L'attrait que nourrit Léa Braun pour le théâtre et le cinéma lui aura permis de jeter son dévolu sur l'écriture. Forte de sa grande expérience dans le domaine des langues, l'autrice narre avec application l'existence fêlée de son homonyme, protagoniste principale de [La fureur douce], publié en 2018. Dans un contexte tout à fait singulier, Léa Meyer et Virginie, sa meilleure amie, sont restées en étroit contact après que la vie les ait séparées. Ainsi se soutiennent-elles dans leurs difficultés respectives dans un semblant d'équilibre fragile, version imagée de la balance du bonheur et de l'épanouissement individuel. Leur proximité, mais aussi le besoin d'évasion de Léa introduisent un voyage spirituel multiculturel dont le but ultime reste la recherche de soi. De sa plume franchement poétique, l'autrice, Léa Braun, entretient ainsi un point de vue monstrueux tant le contraste entre la beauté de la poésie et la dépravation des moeurs est grand. Une façon d'illustrer la libération par l'écriture.

*    *    *

⇨ Léa Meyer et Virginie : la balance du bonheur et de l'épanouissement imagée.
- - -

A 22 ans, Léa n'est plus qu' ❝ une tristesse de femme à la dérive sans amour❞. Elle souffre de la solitude de façon maladive, mais craint toute interaction qu'elle ne maîtriserait pas. Sujette à des hallucinations et elle-même consciente de sombrer peu à peu dans la folie, elle ne nourrit plus aucun espoir. Alors qu'elle est à deux doigts de se laisser sombrer dans l'oubli, Léa, ❝ ne sachant plus comment reprendre goût à la vie ❞, accepte finalement la main qu'on lui tend. Autour d'elle, la noirceur de son monde à elle s'éclaircit au fur et à mesure qu'elle se redécouvre une perception au relationnel, au fur et à mesure qu'elle s'ouvre à nouveau au monde extérieur.

❝ Elle [...] se mit à prier pour avoir l'opportunité de changer de vie. ❞

Sa correspondance épistolaire avec Virginie - avec qui elle entretient une amitié très forte depuis le lycée - témoigne d'une forte entraide entre les deux femmes. Alors que Léa est au plus bas, elle s'appuie sur son amie à travers le papier comme elle s'accrocherait à une bouée en mer. Les forces qui les relient toutes les deux sont si mystérieuses qu'elles paraissent inexplicables ; toujours est-il que Léa et Virginie semblent situées chacune sur le plateau d'une balance à la sensibilité accrue. Lorsque la vie de Léa prend un tournant inattendu, mais bel et bien d'un positif sans appel, le futur de Virginie se dessine de plus en plus sombre. Les jeunes femmes parviendront-elles à se défaire de cette influence néfaste et inconsciente ? Quelle est la source de ce phénomène relationnel étrange et actif sur des milliers de kilomètres de séparation ?



⇨ Un voyage spirituel multiculturel : à la recherche de soi.
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❝ Léa ne vivait pas dans le réel ; elle parcourait son existence comme une île sur laquelle aucun bateau ne pouvait accoster.❞

Dans sa volonté d'échapper à sa propre misère, Léa s'embarque dans un voyage à la fois physique et spirituel au cours duquel elle se permet de vivre pleinement, s'ouvrant par la même occasion aux joies comme aux peines que cela inclut. Elle est sujette à une transformation non pas radicale, mais survenue au cours d'une ellipse sonnant cruellement creux. La métamorphose de l'esprit de Léa est comme omise ; quoique décrite, elle ne dégage aucune émotion et le lecteur s'en voit par conséquent écarté.
De cette façon, l'autrice de [La fureur douce], Léa Braun, positionne le lecteur en spectateur tandis que ses deux protagonistes, Léa Meyer et Virginie, évoluent au cours de ce fameux voyage de manière parfois si détachée qu'on ne peut que constater l'étendue des dégâts occasionnés par l'étrange balance évoquée plus haut.

En revanche, on note une évolution flagrante des mentalités tout au long du roman. La formule selon laquelle Léa est décrite en femme d'exception la place sur un piédestal malgré qu'elle n'ait de prime abord aucune confiance en elle. Sa démarche de s'investir dans sa nouvelle carrière - opportunité franchement chanceuse - lui ouvre les portes de l'assurance et l'incite à oser s'exprimer tout en respectant sa place.
La croisée des chemins perpétuelle qu'embrasse Léa heurte violemment la détresse grandissante de Virgine : ❝ J'ai l'impression de ne pas exister ❞.

Finalement, les deux femmes étant spirituellement liées, il leur faudra plus qu'une simple correspondance pour s'entraider et rester sur le même radeau.



⇨ La poésie au cœur du récit.
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❝ Le téléphone sonna mais elle arracha la prise. ❞
S'il y a bien une qualité que nous ne pourrons retirer à Léa (la protagoniste), c'est son talent pour la poésie. La beauté des mots qu'elle fait danser sur un très simple carnet contraste tellement avec la crasse de ce qu'était alors devenue sa vie qu'il en ressort comme un côté monstrueux au récit. Ainsi, l'élégance de la plume se heurte avec puissance à la dépravation. Les poèmes de Léa Meyer sont rythmés par une ponctuation saccadée mais étudiée avec soin ; un schéma qui n'est pas sans rappeler [Les Djinns], de Victor Hugo.

Inclure les notes de Léa dans la narration permet d'offrir un point de vue différent à l'ensemble, une façon d'illustrer la libération par l'écriture et d'introduire une autre facette des talents d'écrivain de l'autrice.

Cela dit, de la plume poétique de Léa Braun ne subsiste, au sein du récit en lui-même, qu'un érotisme sensuel parfois subtil, parfois appuyé. Contrairement à ce que ses capacités peuvent promettre, [La fureur douce] s'apparente plus à un journal de voyage neutre et impartial - brut de décoffrage - qu'à un roman contemporain poignant et plein d'émotions - ce qu'il visait probablement à être ? Les actions s'enchaînent, pellicule d'images non interprétées ; la réflexion sur soi et l'introspection sont des notions à peine évoquées, bien que le sujet se prête certainement bien à l'exercice.
De l'autrice en revanche, on ne refusera pas sa plume soignée, simple et fluide.



[La fureur douce] est un roman au message fort dont le potentiel n'est malheureusement pas exploité au mieux. Si les sujets traités sont sensibles et d'actualité, le rapport à l'individu - ici le lecteur - est trop faible pour être jugé pertinent et suffisamment saisissant. De nombreux éléments comme l'influence des autres sur sa propre condition, son niveau de jugement et sa propre propension à intégrer le jugement des autres à notre introspection, conduisent à des réflexions constructives qui auraient été d'un réalisme plus poignant sur Léa Braun avait su intégrer le lecteur aux méandres émotionnels de ses protagonistes. Un manque contrebalancé par la force insufflée par la poésie maîtrisée [des deux] Léa.


⇨ Et en tant que lectrice...
- - -
↬ Il faut absolument que je remercie Léa Braun de m'avoir contactée et de m'avoir fait confiance. Voilà maintenant plusieurs mois qu'elle m'a confié son roman [La fureur douce], et je voudrais m'excuser du plus profond de mon coeur pour l'avoir fait patienter si longtemps. Maintenant que c'est chose faite, j'ai énormément de choses à dire sur cet ouvrage contemporain.
↬ Quand j'ai entamé ma lecture, je n'avais pas une bribe du résumé à l'esprit. J'étais simplement intriguée par le titre et rassurée par la longueur du livre, relativement court (pas que ça fasse partie de mes préférences, mais je rappelle que j'étais en retard... ).
↬ J'ai bien apprécié les premiers chapitres, mais j'ai vite décroché. Personnellement, en tant que lectrice, je n'ai pas savouré mon temps de lecture. Pourtant, c'est vrai que c'est un roman avec beaucoup de potentiel qui devrait plaire / avoir plu à beaucoup de lecteurs. A mon sens, ça dépend simplement de ce qu'on recherche dans ce type de récits ; pour ma part, j'attendais beaucoup plus d'introspection, d'émotions et d'implication du lecteur dans l'histoire et dans la trame principale. Ici, je me suis sentie détachée du récit tout le long (et j'avoue avoir franchement diagonalisé ma lecture).
↬ Je n'ai ressenti aucun attachement ni compassion ni pour les protagonistes, ni pour moi-même (ce qui devrait normalement être le signe d'une projection de soi, indispensable à mon sens, que ce soit à grande ou petite échelle). Le jeu sur la perception sensorielle et émotionnelle est exagéré (Léa Meyer, protagoniste principale, est pratiquement sacralisée sous prétexte qu'elle doit apprendre à se juger à juste titre et non pas à se dévaloriser).
↬ [La fureur douce] m'a beaucoup fait penser à [My way] de Sanji Divas, pour lequel j'ai exactement le même avis.

Synopsis

« Le roman retrace la vie d'une femme qui se cherche, qui essaie d'avancer sans cesse rattrapée par son passé et les blessures qu'il lui a causées. Les expériences de la vie et le hasard des rencontres vont la conduire peu à peu à entrevoir la lumière. La profondeur de ce personnage principal, ses émotions et réactions face aux aléas de la vie vont amener le lecteur au questionnement: L’incompréhension est-elle intérieure ou est-elle un produit créé par la société ? La codification des comportements et la mise en avant de certaines valeurs ne sont-elles pas des marques d'intolérance? Pourquoi la différence nous fait peur ? Qu’est ce qui marginalise les différences au lieu de les valoriser comme sources de diversité ? Le rêve est-il simple fruit de notre imagination, production de notre cerveau ou est-ce une réalité différente de celle que notre société appelle réalité ? Le rêve n’est-il pas la seule manière de s’évader ? Est-ce une évasion que l’on peut s’autoriser ou induit-elle forcément un jugement ?Toute personne, quel que soit son milieu social, son âge ou son parcours de vie, a été, à un moment donné, confronté à un questionnement, à la comparaison aux autres, à l’impression d’être différent, d'être anesthésié par le temps qui passe, à l'envie d'avancer sans savoir quelle direction prendre. C'est pourquoi je pense que mon roman peut créer l'identification ou du moins le partage de certaines expériences. Il propose un regard authentique, sincère, dénué de tout artifice, d'une personne qui cherche à se construire et aspire à un avenir meilleur. La combativité du personnage transmet au lecteur une certaine force intérieure et un espoir intemporel. Sa sensibilité à fleur de peau fera passer le lecteur d'une émotion à l'autre: le désir, l’amour, la haine, la violence et la foi. »

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