L'abbaye blanche

Article publié le

12 octobre 2020 à 09:20:19

par

Telesia

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Titre original :

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L'abbaye blanche

Laurent Malot

336

Thriller

Policier

​L’Abbaye Blanche, c’est le Thriller qui plonge Laurent Malot au sein de la littérature policière. Alors qu’il maîtrise les outils rédactionnels de base, l’écrivain Français propose un scénario simple, accessible et réaliste. Il opte pour une structure commune, mais suffisamment bien tournée pour ne pas trop le paraître. En revanche, c’est avec une plume très scolaire qu’il amène son récit. Dans une prose tout à fait honorable, L’Abbaye Blanche est somme toute accompagnée d’une lourdeur parfois trop présente. L’œuvre présente au lecteur un certain nombre de protagonistes, dont Mathieu Gange, Lieutenant au sein de la Police de Nantua. Très renseigné sur la région, Malot installe son personnage principal dans une routine maitrisée, tandis que l’enquête prend de plus en plus d’ampleur.

*    *    *

Quoi de plus avantageux pour un roman que de se munir d’une entrée en matière des plus intéressantes : avec un suspens d’ores et déjà installé, Laurent Malot ancre un doute inébranlable dans la réflexion de son lecteur. Le peu de descriptions, tant physiques qu’environnantes, témoigne d’un genre moderne, jeune et réaliste. Cela permettra également de mettre l’accent sur le questionnement initial : la correspondance physique entre une femme aimée et une suspecte principale, mise en avant du fait de l’exclusivité des descriptions physiques qui leurs sont dédiées. En outres, on ne pourra retirer à l’auteur son adresse dans le maniement du mystérieux.
Toujours dans une idée de réalisme, il faut bien comprendre que l’œuvre de Malot est assez brute de décoffrage. On y trouve énormément d’expressions -locales ou familières-, de clichés relationnels, de personnages plus ou moins naïfs. Le récit reste en partie naturel, le langage simple et courant. Alors que les « mandales » volent entre deux « regards de faux derches à vomir », Gange saura faire preuve d’humour, teinté d’un semblant de sarcasme. « Le Cluedo, c’est quelle chambre ? ». Puis autant dire qu’il est bien entouré : entre Helena Medj, la journaliste arrogante, et Emma, la nourrice authentique un peu niaise, Gange a de quoi combler ses vides émotionnels.
D’ailleurs, il semble que le Lieutenant ait tendance à facilement s’attacher aux femmes. « Décidément, elle commençait à lui plaire. », et de fait, « Gange commençait à l’apprécier ». Chacune d’entre elle semble lui apporter une partie de ce dont il a besoin : affection, compagnie, conversations houleuses… Tandis que les hommes l’entourent tels des gardes du corps. Fidèles, loyaux, tout ce que vous voudrez. Ou bien arrogants, distants, condescendants. « Aucune sympathie l’un pour l’autre, c’était comme ça. Ils se seraient rencontrés sur un terrain de foot ou au bar du coin, ç’aurait été la même chose. ».
En ce qui concerne l’enquête en elle-même, il faut avouer qu’on patauge un peu. Si l’auteur ne fait pas le mystérieux quant aux indices obtenus, on tourne vite en rond. En effet, bien que l’intrigue avance déjà à un bon rythme en première partie de roman, il est déjà difficile de se concentrer sur sa lecture. Alors passée la moitié de celui-ci, le lecteur est entraîné dans un tourbillon de retournements, d’actions et de péripéties, donnant ainsi une impression de fin constante. Malgré tout, les mêmes éléments reviennent, de plus en plus confirmés, mais jamais nouveaux. Finalement, l’enquête aurait pu être résolue au cours des 200 premières pages. D’autant plus que Malot offre une fin tout à fait incohérente. Tout au long du roman, Gange est confronté à la fois à la difficulté de son travail, et aux problèmes que rencontrent sa vie de famille. Il scande sans arrêt plusieurs de ses principes, pour au final ne pas les respecter dans les dernières pages, laissant le lecteur stupéfait.

Pour un roman peu connu, il est dans l’ensemble relativement bien noté. Mais l’instabilité de la narration, beaucoup trop scolaire, nuit à la qualité de l’intrigue. La lecture est morne, monotone, les rebondissements affectent avec peine le lecteur. Finalement, si L’Abbaye Blanche comporte un brin d’originalité, il est bien loin de répondre aux attentes des habitués au genre Policier.

Synopsis

Meurtres, amour et conspiration : une recette de la manipulation. À Nantua, dans le Jura, Mathieu Gange élève seul sa fille de six ans. Sa femme a disparu depuis plusieurs mois sans donner d’explication. Flic intègre, il fait ce qu’il peut pour assurer sa mission, quand soudain la violence s’abat sur ce coin du monde où il ne se passe presque jamais rien. Deux hommes sans lien apparent sont assassinés coup sur coup, puis on retrouve un cadavre mutilé dans la forêt. À mesure qu’il démêle les fils, Gange est entraîné dans une enquête dont les enjeux le dépassent. Notables véreux, secte, affaire d’État : le cocktail est explosif. Mais Gange ne peut pas renoncer. La disparition de sa femme n’est peut-être pas innocente…

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