Kirikoustra - Livre 2 : A la rencontre de l'homme dernier

Article publié le

12 octobre 2020, 09:15:56

par

Telesia

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Kirikoustra - Livre 2 : A la rencontre de l'homme dernier

Kirikoustra

Contemporaine

​Si Le voyage de Kirikoustra était des plus surprenants, A la rencontre de l’Homme Dernier l’est un peu moins. Cette seconde œuvre, du fait de son contenu, appuie et développe plusieurs des notions et raisonnements évoqués au sein de la première. D’un autre côté, certains aspects de cette dernière se sont sensiblement estompés, mettant ainsi à la disposition du lecteur un récit toujours très personnel, mais bien plus orienté. Alors que Kirikoustra livre une suite réfléchie -ou du moins le paraît-elle-, celle-ci se destine à des êtres de réflexion… sans pour autant concerner l’ensemble de l’humanité. Rédigée pour ceux qui en mériteraient la consultation, il ne cesse de tester son lecteur pour, éventuellement, se confier à lui. Cela dit, la réflexion de A la rencontre de l’Homme Dernier ne repose pas uniquement sur cette idée. Il s’agit également de la transformer en un récit : celui de Kirikoustra, en quête de réponse. Le jeu des personnages en devient si important qu’il n’est plus négligeable. Et cela encore ne pourrait être déchiffré par tout le monde.

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Quand on parle d’œuvre de pensée, on considère souvent la philosophie. Kirikoustra serait-il un philosophe ? Ce n’est pas si sûr. Et pourtant, ses méditations offrent de quoi réfléchir. Comme tout ouvrage de la sorte, A la rencontre de l’Homme Dernier n’est destiné qu’à ceux qui en méritent la lecture. Par cela on entend : comme étant capables de cerner l’ensemble des faits, idées, raisonnements ancrés dans ces pages physiques ou numériques. Le second volume du voyage de Kirikoustra ne s’adresse néanmoins non plus seulement à ceux qui sauront le comprendre, mais aussi à ceux qui le voudront. Peut-être s’agit-il même d’une fusion des deux, réduisant alors de nouveau l’effectif. D’ailleurs, « Ces lignes sont réservées à ceux qui ont lu le livre premier ». D’autant plus que, « soyons honnêtes », les qualités de penseur du lecteur sont moins « profondes » que les siennes. Plus qu’une preuve d’égo ou de condescendance, il s’agit en réalité d’un avertissement -à qui voudra bien l’entendre.
C’est avec une volonté toujours plus présente de perdre le lecteur que Kirikoustra impose son rythme, sa sélection. Avec de nombreuses analogies, comparaisons et dissimulations, il incite de plus en plus à la réflexion orientée. Donnons un exemple. L’auteur parle régulièrement de la Lieue-K. Que signifie-t-elle ? Quel est son indice de proportionnalité ? Cet article n’a pas pour objectif d’élucider les mystères de l’œuvre, ou d’exposer les théories et conclusions personnelles que la lecture du livre second aura permis de lister. En revanche, il s’agit bel et bien d’analyser l’auteur à travers la structure de son récit. D’ailleurs, il donne de nombreux éléments sur sa personne, plus ou moins dissimulés dans ces lignes audacieuses : « Depuis le début Kirikoustra a toujours été assis, c’est un fait ». Il sème ici et là quelques phrases à plusieurs connotations, peut-être même sans grande signification. A vous d’en juger. Mais à travers sa volonté omniprésente de perdre le lecteur, que cherche Kirikoustra ? A s’affirmer ? A illustrer une certaine supériorité ? A s’entourer de personnes sensiblement identiques -ou liées- à lui ? C’est tout autant de questionnements qui surgissent dans nos esprits à la lecture de son œuvre.
Si jusque-là vous suivez toujours, peut-être êtes-vous aptes à discerner les expressions et réflexions personnelles que Kirikoustra souhaite faire passer à travers son œuvre. Les plus simples à relever sont les Hiatus et conversations sans lendemain. Comme indiqué dans leur nom, les observations qui y sont rédigées apparaissent comme des insertions de pensées spontanées, intéressantes, mais sans grand intérêt de développement. Elles surgissent sans avoir de lendemain, sans même avoir besoin d’en avoir. Mais plus que cela, il est un élément à considérer de plus près. A ceux qui auront lu et le livre premier, et le livre second, se pose une question : A la rencontre de l’Homme Dernier est-il réellement la suite du Voyage de Kirikoustra ? Les deux volumes apparaissent surtout comme deux entités complémentaires, dont la séparation était nécessaire et intelligente. Le premier, sous ses allures d’idées imposées, relève notamment de la réflexion de base ; tandis que le second, tournée vers la méditation, apparaît en fait comme la confirmation -ou non- des idées exposées au sein du premier tome, sous la forme d’affirmations déguisées. Les registres sont différents. On sent que Kirikoustra écrit notamment pour lui-même, de manière à organiser ses pensées et convictions en les couchant sur le papier.

Pour s’éloigner un peu de la théorie, il a fallu construire A la rencontre de l’Homme Dernier différent du premier volume. Le jeu des personnages, leur présence -ou leur absence- se fait de plus en plus ressentir. De ce qui aurait dû être et de ce qui sera est un paragraphe d’autant plus important qu’il démontre à quel point les protagonistes introduits dans le récit ont une dimension réelle, et non pas seulement hypothétique. Ils reflètent la réalité, et content des conversations : aussi ne seront-elles jamais oubliées. Kirikoustra, désormais auteur, mais toujours pas lecteur, possède une maîtrise de la rédaction hors norme. Il introduit à ses côtés Plume -sa Muse, sa conscience ou une compagne réelle, à vous de le déterminer-, lui léguant tout le mérite de son talent d’écrivain. Il signe son œuvre d’un style si personnel, dont on retrouve régulièrement la trace. Lorsqu’il écrit « Fidèles et bien entendu pucelles », Kirikoustra démontre d’une volonté de conserver sa belle plume -ou Plume… ?- à travers un choix des plus surprenants : en sacrifiant la douceur de mot « vierge » pour un terme plus rude, il préserve une harmonie des sons des plus prisées. De toutes les entités mises en scène, Plume reste sans aucun doute parmi les plus importantes.
Par ailleurs, sans trop en révéler, chaque « personnage » rencontré par Kirikoustra correspond dans cette seconde œuvre à un chapitre. On y vient enfin : la fameuse structure de l’ouvrage. Il s’agit ici de fonctionner comme tel : un protagoniste introduit un chapitre -si l’on peut vraiment qualifier la séparation des blocs de la sorte-, correspondant globalement à une idée, à un pas de plus vers l’Homme Dernier. Entrecoupés de hiatus, de conversations sans lendemains et de chroniques d’une société moderne, la distinction n’est pas évidente à observer. Kirikoustra nous lègue malgré tout quelques indices, disséminés dans le nom de personnages, dans celui des idées qu’il évoque, dans la syntaxe et dans la structure globale du récit.

Finalement, il s’agit là d’une œuvre profonde, spontanée et personnelle. Pas si simple à comprendre, et pourtant digne d’un intérêt non négligeable. Certains diront qu’ils auront préféré le Livre Premier. C’est que l’aventure s’arrêtait là pour eux ; qu’ils n’ont pas su cerner le principal de ce voyage. Et si, cette fois, la route semble disparaître désormais, peut-être Kirikoustra saura de nouveau guider ceux qui le voudront – et le pourront – vers des horizons encore nouveaux.

Synopsis

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