Etat d'âme(s)

Article publié le

12 octobre 2020, 09:37:14

par

Telesia

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Etat d'âme(s)

Jenny Sanchez

209

Science-Fiction

Philosophie

​Depuis toujours, la science et la technologie se sont opposées au spiritisme et aux religions. Le contraste entre la rationalité et ce que certains appellent la magie est bel et bien présent, et s’est énormément creusé au cours de ces derniers siècles. Cela dit érudits, libre penseurs et artistes ont tenté d’établir des liens entre les deux mondes. A travers sa Fantasy par exemple, Philip Pullman offre une théorie puissante concernant les ponts entre religion et science à travers les multivers. La psychologie fait également peau neuve en s’intéressant aux transferts quantiques et à la possibilité d’accéder à l’inconscient en le modifiant. Etats d’âme(s), c’est une représentation très peu scientifique de ce que chacun pourrait appeler la causalité psychique. D’une action à une autre, on définit un effet de cause à conséquence récurrent, ainsi que le célèbre effet papillon. Reste à expliquer le principe de réincarnation de l’âme, sujet principal de l’œuvre de Jenny Sanchez.

*    *    *

Etats d’âme(s) est un récit romancé rédigé à la première personne. D’une syntaxe fluide, très peu scolaire bien qu’encore hésitante, Jenny Sanchez a une plume agréable. Ses protagonistes renvoient une image loin d’être avantageuse, et pourtant ils véhiculent tous une certaine émotion : dégoût, horreur, sympathie, attirance. La protagoniste principale quant à elle est une femme très naïve. Le sachant elle-même, elle s’empresse de prévenir le lecteur. Si le savoir expressément retarde l’exaspération, il n’empêche qu’elle se fait rapidement sentir. Monde empreint d’innocence que j’avais tissé dans ma petite cervelle candide. De scientifique rationnelle au possible, elle se convertit au spiritisme d’une seconde à l’autre. Naïveté extrême, ou révélation divine ? Allez savoir.
Le monde post-apocalyptique de l’œuvre est principalement axé sur la technologie et son contraste avec les vertus de la psychanalyse et des bilans karmiques, tandis que les questions politiques se posent très peu. Si la première partie du roman est très scientifique, elle compte un très gros nombre d’affirmations ne reposant sur aucun argument tangible. En outre, le récit a un côté très trouble qui incite énormément à la réflexion, pour au final très peu de contenu. L’art de perdre le lecteur peut être très puissant, notamment lorsque viennent les réponses : très souvent, il s’agit de passages très puissants, et pleins d’émotions. Malheureusement, ils sont très rares dans Etats d’âme(s). Par ailleurs, l’attente continue de réponses rationnelles implique en conséquence un certain nombre de longueurs au cours du récit, d’autant plus que ce dernier n’est pas toujours linéaire.

Finalement, le but de l’œuvre est sans nul doute de convaincre, ou de véhiculer un point de vue puissamment ancré dans une certitude. Pour un esprit scientifique cela dit, il ne s’agit pas d’un ouvrage très rationnel. Le côté spirituel d’Etats d’âme(s), trop lié aux avancées scientifiques et technologiques, paraît démesuré. En revanche, Jenny Sanchez livre un récit léger, agréable pour quiconque souhaiterait s’évader un tant soit peu.

Synopsis

Dans un monde où chaque âme débarquant sur Terre subit à sa septième année un bilan karmique pour retracer le parcours entier de ses vies antérieures, deux psychiatres font une effroyable découverte.

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