Espace Négatif

Article publié le

12 octobre 2020 à 09:57:47

par

Telesia

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Titre original :

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Espace Négatif

Nicolas Derder

2018

277

Contemporaine

​Espace Négatif est un roman on ne peut plus unique. Nicolas Derder, son auteur, manie la plume avec une élégance rare et une maîtrise de la langue particulière. Si certains jouent sur les figures de style, Nicolas jongle avec les registres et les champs lexicaux. Sous un amoncellement de banalités, il met en place une intrigue folle des plus surprenantes, entrainant avec lui un lecteur subjugué. Contre toute attente Espace Négatif n’est rien d’autre qu’un roman à contraste. Un équilibre psychique ne cesse de planer au-dessus du récit, tandis que la balance penche plus ou moins d’un côté ou de l’autre. Ce n’est pas sans penser à Shining, de Stephen King, que l’évolution du protagoniste principal surprend. Sous une déferlante de revers, de coups-bas et d’incohérences déguisées, Ludovic fait face à sa routine lente et fade, peut-être ennuyante. C’est presque imperceptiblement que le glissement s’opère, laissant doucement la frontière de la conscience s’estomper… jusqu’à disparaître.

*    *    *

Le secret de l’œuvre de Nicolas Derder repose sans aucun doute dans sa maîtrise de la langue française. L’utilisation des registres, le jeu des champs lexicaux forment un ensemble hypnotisant. Une plume, une narration d’une élégance addictive, ponctuée de termes plus crus, plus violents. En opposition, le champ lexical de la souffrance et de l’agonie – « meurtri », « disloqué » – et celui de l’éternel – « ciel infini », « démesuré ». La simplicité des phrases s’oppose à l’harmonie du vocabulaire, à la fluidité du récit. C’est ainsi que s’instaure rapidement un sentiment d’horreur, de malaise, une ambiance malsaine parfois. Sans cesse, l’horreur se confronte au bonheur, l’élégance à la vulgarité.
On évoquait plus haut Shining et son protagoniste principal. A l’instar de Jack qui perdait la raison proportionnellement à la montée en pression de la chaudière de l’Overlook, la vie de Ludovic évolue proportionnellement au registre du récit. Les contrastes relevés sont de plus en plus visibles et s’équilibrent, jusqu’à basculer à nouveau jusqu’à l’atténuer encore une fois. De l’ennui on passe à l’excitation ; de la neutralité morne à l’expressivité agressive. La routine fade d’un protagoniste antipathique lentement bouleversée, modifiant imperceptiblement le récit et son schéma de narration récurrent et périodique, jusqu’à totalement s’en éloigner. Espace négatif transmet à la perfection l’environnement lourd et étouffant dans lequel évolue Ludovic. Un environnement qui ne cesse de s’éclaircir et de s’alléger petit à petit… pour le meilleur ou pour le pire.

Réfléchi, organisé et travaillé, le roman de Nicolas Derder est une œuvre puissante. Forte de narration et pleine de subtilités, l’ensemble est d’un malaise communicatif. On sent régner un on-ne-sait-quoi d’anormal dans cette routine au premier abord banal, et ce sentiment ne quitte pas le lecteur avant la toute fin. Un récit addictif plein de questionnements. Un récit à lire.

Synopsis

Ludovic, trentenaire avancé, ronronne dans son quotidien bien rodé sous le soleil arlésien. Il vit en couple avec Louise, une infirmière admirable de gentillesse. La vie de Ludovic va lentement basculer à la suite d'une rencontre avec une femme mystérieuse et fascinante qui va l'entraîner beaucoup plus loin qu'il ne l'imaginait.

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