Entre nos côtes

Article publié le

13 octobre 2020, 10:36:52

par

Telesia

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Entre nos côtes

Florence Lehuen

Développement personnel

Spiritualité

A 45 ans, Elsa est maman d’un jeune adolescent, Luc. Tous deux confrontés à la perte d’un être cher, en l’occurrence à la fois père et mari, ils décident de concert d’un nouveau départ éloigné de tout fantôme du passé. Comme pour toute épreuve de la vie, le deuil s’impose comme un poids dont il paraît impossible de se libérer. Florence Lehuen, thérapeute en plusieurs domaines, aborde le sujet dans son récent roman : Entre nos côtes. Des différentes étapes de l’affliction jusqu’au besoin d’un épanouissement neuf dans un nouvel environnement, Florence fait le tour de la question au gré d’une narration douce et légère, pleine de compassion.

*    *    *

Suivie par une thérapeute depuis le décès de son mari, Elsa doit désormais parfaire l’éducation de son fils seule, tout en prenant soin de sa propre condition – altérée par l’épreuve douloureuse qu’elle traverse. Bouleversée par la disparition de l’homme qu’elle a toujours aimé, la quarantenaire quitte la région parisienne pour embrasser Barfleur, un petit village de Normandie. Dans le besoin d’un nouveau départ, Elsa et son fils Luc adoptent ce changement de vie avec espoir.
​ La perte d’un être chéri, inhérent au cocon familial, est l’une des sources de malheur les plus insurmontables pour beaucoup d’entre nous. En outres, l’événement ouvre comme un gouffre sous les pieds des proches concernés, un abysse sans fond dont il n’est plus possible de s’extraire dès lors que l’on y plonge.

► Parfois, j’ai l’impression de sentir Serge à mes côtés.
Le deuil éveille tant d’émotions et de sentiments chez l’humain que tout lecteur saura se reconnaître ne serait-ce qu’une fois dans le récit de Florence Lehuen. La crainte de l’inconnu et l’appréhension, le désespoir et l’espérance, la colère et la joie. Le bonheur mène alors un combat perpétuel contre le malheur de la situation, de sorte que l’esprit soit en conflit brutal avec lui-même.
L’enjeu principal du recueillement repose sur l’opposition des volontés d’une même personne. D’un côté, le déni, le refus de croire en la suppression de l’être aimé ; de l’autre, l’envie instinctive d’avancer, de croire en l’avenir et en un bonheur accessible.

​Aussi, Elsa et Luc n’ont pas le même attachement spirituel au souvenir de Serge.
Elsa nourrit sans aucun doute cette conviction de rester fidèle à son époux, tout en refusant de sacrifier son existence. Pour elle, refaire sa vie est loin d’être une trahison, car personne ne saurait remplacer son défunt mari dans la vie qu’elle a mené avant son décès.
► T’honorer en vivant
Est-ce un manquement à son honneur et à sa vertu de voir l’avenir d’un œil différent ? Vivre dans le manque est inévitable lorsque le cœur aime, pour autant atténuer ce ressenti n’en est pas plus une trahison selon Elsa.

Luc est plus réticent à l’idée d’offrir à un autre la place qu’occupait autrefois celui qu’il considérait – et considère toujours – comme son guide et son modèle. Adolescent, aux prémices de l’âge adulte, il découvre son univers pas à pas, sans toujours comprendre la portée des actes commis par les gens qui l’entourent.

Ce sont donc différentes étapes du deuil que traversent les deux protagonistes, de façon limpide et éclairée. Leur déménagement aura été un premier pas vers leur renouveau. Déménager, c’était aussi quitter un édifice branlant pour poser le pied sur un sol meuble, stable et dénué de toute construction. Tirer un trait sur le passé, apprendre à avancer indépendamment des souvenirs, pour finalement renouer avec ces derniers en les abordant d’une sérénité pérenne.

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Luc et Elsa, mère et fils, sont très liés tant physiquement qu’émotionnellement. L’un soutient continuellement l’autre, dans un équilibre de force fragile.
► On ne peut être fort pour deux, mais nous pouvons être forts ensemble.
Si leur objectif d’accepter la disparition de Serge est partagé, chacun doit suivre son chemin s’il veut retrouver celui du bonheur. Ensemble, mais séparément, ils affrontent leurs émois, leurs craintes et leurs espoirs avec conviction. De loin, ce qu’ils s’apportent mutuellement les aide à poser un pied devant l’autre, vers un but commun.
Mais chacun doit accepter que l’autre réagisse différemment aux épreuves qu’ils affrontent. D’un côté, Elsa désespère de voir son fils grandir, de peur de perdre à nouveau celui qui rythme son existence. De l’autre, Luc se cherche, en quête d’une indépendance représentative d’une identité encore ténue.



► Fragile, tu es encore fragile.
Si elle veut tirer un trait sur son passé, Elsa doit lâcher prise. Jour après jour, elle cherche à se consolider en reprenant à zéro sa reconstruction. Un travail qu’elle ne peut effectuer que sans l’aide de personne. Mue par un rêve caché à tous, elle réapprend à nouer des liens, elle réapprend à vivre. Tous ses efforts la mènent vers un épanouissement nouveau et sincère.

► Promis papa, je vais être fort, tu seras fier de moi.
Luc a perdu son père trop tôt. Jeune, il est pourtant suffisamment mature pour comprendre le mal-être de sa mère et la situation inextricable dans laquelle elle se trouve actuellement. Lui aussi confronté à ce nouveau départ auquel il n’aurait pu échapper de toute façon. Sensible mais déterminé, Luc démontre d’un rapport à la mère et au père différents. Aussi Elsa comble-t-elle ce besoin de tendresse spécifique au développement de l’enfant spirituel, tandis que Serge, d’autant plus dans sa disparition, alimente cette nécessité de gagner en indépendance pour faire face aux aléas de la vie – passés et à venir. Une façon pour Luc de conserver un juste équilibre des choses.
Sa crainte la plus forte, celle de voir le souvenir de son père s’évanouir à son tour, devient une source de conflit lorsqu’Elsa trouve à nouveau le sentier du bonheur. Effrayé par les perspectives qui en découle, c’est un fort travail sur lui-même que le jeune garçon doit entreprendre afin de garder en tête ce juste milieu qu’il s’est battu pour obtenir.

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► Accepter de montrer que l’on est vulnérable n’est pas une fragilité, mais une force. Assumer de se mettre à nu.
Hanté par les démons d’actes pourtant révolus, l’esprit humain craint la récurrence des malheurs. En outres, deux opportunités s’offre à lui : aller de l’avant par la prise de risque, ou enterrer son existence trop tôt par un excès de prudence. C’est ainsi que se distinguent les bons vivants des résignés. Affronter ses craintes est une façon de les écarter à tout jamais des sentiers. Une notion que Luc comme Elsa s’évertuent à maîtriser alors qu’elle se fait indispensable à leur survie.
Le risque de souffrir vaut la peine d’être pris. En contrepartie, le bonheur reçu se fait si fabuleux que les regrets n’ont plus leur place à table. Chaque jour, se préserver de la souffrance, c’est se refuser de vivre.

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Si Luc a perdu un père, sa mère, elle, affronte le vide laissé par un mari absent. Un sentiment que l’adolescent ne comprend pas toujours aussi bien qu’il l’aurait voulu. Sa rencontre avec l’attirance physique et émotionnelle, partie intégrante de sa transition vers l’âge adulte, lui inculque petit à petit à quel point la présence de l’être aimé joue dans la sérénité d’une existence paisible.
En outres, l’absence de nouvelles tandis qu’il se languit de sa belle le mène doucement vers une inquiétude qui se présente plutôt comme un manque de confiance flagrant. L’aime-t-elle suffisamment ?

Luc découvre alors la puissance de l’amour et l’importance d’un rapport mutuel et équilibré. Sa relation, aussi jeune que le bourgeon d’une fleur, mûrit comme le renaissance d’une relation adulte désormais éteinte : celle de ses parents. Décidé à démontrer de son engagement et de ses sentiments, il s’évertue à rester sur le droit chemin et à mettre de côtés ses nombreuses craintes.


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Finalement, Entre nos côtes aborde de nombreuses thématiques de l’ordre du développement personnel et de la résilience. Quelque part, l’ouvrage de Florence Lehuen évoque l’ensemble des complexités de l’esprit dans un format romancé et léger. La narration, douce et pleine de bonne volonté, souligne l’importance de l’écoute, de la réceptivité et du partage pour un relationnel stable. Le deuil ici ne représente qu’une infime pièce de la situation émotionnelle de Luc et Elsa, si bien qu’il agit comme le catalyseur d’une remise en question vers un épanouissement neuf, candide.
Florence Lehuen nous invite à prendre conscience de la portée de la spontanéité et de la sincérité – tant envers soi-même qu’envers les autres – sur une existence stable. Doucement, elle nous inculque une pensée nouvelle, tout aussi agréable qu’en est sa lecture.

Synopsis

Après la mort brutale de son mari, Elsa prend la folle décision de partir s’installer en compagnie de son fils Luc à Barfleur. Pas évident au départ de s’adapter à cette nouvelle vie, sans travail et en présence d’un voisinage quelque peu bourru ! Mais très rapidement la spontanéité d’Elsa va éloigner les obstacles et faire fondre les résistances pour lui permettre de découvrir une véritable famille de cœur. La force de ce nouvel entourage et les apports de sa rencontre avec une thérapeute vont lui permettre d’affronter le deuil, mais aussi au fil du temps de guérir de profonds points de désamour intérieur, notamment liés à la relation complexe qu’elle entretient avec sa mère, Jacqueline, personnage haut en couleurs. Cette saga aborde au fil des chapitres différents thèmes centraux dans la vie de chacun : Les relations amoureuses au fil des générations : l'apprentissage des premières amours adolescentes comme les relations plus matures qui nécessitent d'apprendre à déposer ses bagages,La difficulté à affronter des relations toxiques, d'autant plus lorsque l'on est hypersensible,La force de résilience dont on peut être capable même face aux pires épreuves,La présence enfin de nos disparus dont la mémoire vivante semble parfois influencer notre destin…Grâce aux apports de ses recherches et de sa pratique de thérapeute, Florence Lehuen livre au travers des aventures de ses attachants personnages, des clés de "self défense" et profondément thérapeutiques, qu’il s’agisse d’affronter des relations perverses, un deuil, on ses démons intérieurs, nous invitant à nous libérer de l’angoisse et du désamour de soi. Ce roman délivre ainsi des leçons d’espoir et offre un élan de vie qui ne manquera pas de réchauffer les plus frileux ! Florence Lehuen est sophrologue et hypnothérapeute et autrice de "Tout est déjà en toi". Ce livre co-écrit avec Elise Pourkier et publié aux Editions Leduc.s, constituait la suite du best-seller "A fleur de peau" de Saverio Tomasella. Dans "entre Nos Côtes" Florence LEHUEN nous présente ici ses propres personnages tout en conservant un focus sur les thèmes de l'hypersensibilité et des relations humaines qui lui tiennent à cœur.

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