Elle voulait vivre dans un tableau de Chagall

Article publié le

16 mars 2021, 14:38:35

par

Lily

IMG_20210406_110717-1.jpg

En savoir plus

Titre original :

Auteur : 

Date de sortie :

Genre :

Pages :

Elle voulait vivre dans un tableau de Chagall

Gaëlle Fonlupt

2020

308

Contemporaine

Art

Psychologie

Elle voulait vivre dans un tableau de Chagall est la version retravaillée et complétée de Je voulais vivre dans un tableau de Chagall, finaliste du concours « Les talents de demain » en 2020.

*    *    *

« On qualifie de folie cette sagesse des clairvoyants qui voient la vérité crue d’un néant existentiel. Comment exiger de ces fous plus de force, plus de sagesse que d’un Cicéron ou d’un Sénèque qui admettaient la nécessité thérapeutique de la diversion de l’âme ? »

Une danse frénétique. Une peinture aux mille couleurs. Des nuances de bleu, de rouge et de vert. Une éclipse.

Voici ce que ce livre décrit. Une terrible danse aux accents de réalité folle et de déambulation catégorique ; Un tableau de Chagall, une photographie prise à vif. Ce roman a un style d’écriture à la fois fin et poétique, à la fois cruel et révulsant ; il est doté d’une richesse culturelle intense. Par cette fine plume, on alterne entre souvenirs, réalité et brume qui petit à petit se dissipe. Gaëlle Fonlupt fait très fort avec son premier livre, aussi puissant qu’envoûtant, aussi noir que lumineux, aussi poignant que déchirant. Doit-on en ressortir indemne ? Ou bien simplement suivre cette lecture en accompagnant, page après page, mot après mot, l’auteure et le protagoniste ?

L’histoire se base sur une seule et même personne, et pourtant il y a cette double narration, par les souvenirs et par l’instant présent. Il y a cette terrible descente aux enfers, et il y a cette immense et poétique raison de vivre. Si Louiza est attachante, Lou est captivante. Alors comment ? Pourquoi ? Qu’est-il arrivé pour que Louiza, légère, sensible et vivante, laisse place à Lou, aux loups ? Comment passe-t-on de l’amour à la folie ? Pourquoi, d’une exacerbation des sentiments en découle une passion destructrice ?

Parce qu’au-delà d’une simple romance passionnelle, on retrouve l’abandon, le désespoir, la cruauté humaine, la sensibilité, l’envie d’ailleurs, le voyage intérieur mais aussi le manque d’empathie, la douleur, le deuil, la folie, l’enfermement. L’auteure amène avec subtilité un thème qui est difficile et violent. Outre la schizophrénie, les troubles mentaux ou les traumatismes, c’est principalement la privation de liberté qui est ancrée dans ce roman. Lou est enfermée dans un lieu où le temps s’écoule sans aiguille et où la peur ronge les sens, où l’esprit fou s’encombre de pensées indistinctes, alors que ce lieu renfermé devrait aider à redevenir libre. Citons dans les soins, la camisole, les médicaments, l’abrutissement, l’aliénation. Cette dernière doit se battre contre les lapins, contre les loups, contre jetedis. Elle doit rester forte pour retrouver ce que son cerveau a eu peu de mal à diffuser.

Ce sont principalement les souvenirs de la vie de Louiza qui apparaissent comme éléments clés pour en arriver à Lou. Principalement parce que la frontière entre normalité et folie est subjective et que les traumatismes et les sentiments sont plus profonds que de simples évocations d’un temps passé. Les peines restent parfois des plaies si grandes qu’une vie n’arriverait pas à compenser ces déchirures. Louiza a vécu tant de choses que de simples souvenirs ne pourraient permettre de comprendre totalement la schizophrénie de Lou. Simplement ça, on ne peut que se l’imaginer, se le ressentir, se l’approprier.

A travers Louiza, on découvre Nils, on découvre Pierre, et tant d’autres personnes qui remplissent et nouent sa vie comme un vestale. A travers Lou, il y a Guilhem, Lacroix, Ileana et ses compagnons hors norme qui composent un présent hostile mais intentionnellement intense. Chaque temps fort est une pierre lourde qui se jette au fond d’un gouffre pour atterrir brutalement, brisant le silence des non-dits.

Alors voilà les relations humaines, les états émotionnels, l’atmosphère autant oppressante et désappointante que pure et douce du livre nous mènent au simple fait qu’il faut aimer la vie. Enfin, il y a le croisement temporel qui invite au voyage, à l’amour, à l’écume des jours. Le temps d’une photographie, d’un tableau, d’une caresse. Le temps d’un livre. D’un bouleversement.

Synopsis

Lou est hospitalisée en psychiatrie. Elle ne sait ni pourquoi, ni comment elle est arrivée dans ce lieu où « l’humanité a été avalée par les horloges ».
Louiza, a tout quitté pour se consacrer à la photographie. A Hanoï elle rencontre un jeune homme ambitionnant de devenir diplomate. Tout les sépare et pourtant cette rencontre marque le début d’une histoire qui, du Vietnam à Paris en passant par la Bretagne et Malte, les conduira au cœur d’une nuit où tout a basculé.
Cinq années séparent Lou et Louiza. Cinq années que la mémoire de Lou a effacées et que le lecteur va redécouvrir avec elle. Avec les tableaux de Chagall en toile de fond, se dessine un parcours initiatique et poétique dans un univers à fleur de peau où les émotions se mélangent au gré des révélations.

Ce roman offre une réflexion sur l’altérité, la normalité, l’enfermement, la résilience et la frontière entre passion amoureuse et folie.

Le mot de l'éditeur:
Le sujet traité est original tant sur le fond que sur la forme. L’intrigue est subtile et la construction habile. Ce roman est duel : il nous enferme en psychiatrie et nous fait voyager jusqu’en Asie. La dualité des trames narratives est portée par une dichotomie de style et d’atmosphère : réaliste, crue et violente en psychiatrie, l’écriture se fait douce, poétique, lumineuse dans la seconde trame.
Le tout offre un roman envoûtant et puissant au dénouement aussi inattendu que réussi.

L'auteure:
Gaëlle Fonlupt est née en 1980. Elle a successivement travaillé dans l'humanitaire, à l'hôpital et dans une juridiction.
Son manuscrit, "Je voulais vivre dans un tableau de Chagall", a été finaliste du concours "Les Talents de demain" en juin 2020. Il a été téléchargé par plus de 5500 lecteurs en 8 mois sur le site du concours et a rencontré un véritable succès. Ce premier roman est publié, dans une version retravaillée et complétée, aux éditions d'Avallon en décembre 2020 sous le titre "Elle voulait vivre dans un tableau de Chagall".

41aJtZH9n7L_edited.jpg

NOUS RETROUVER

Telesia (Fondatrice)

  • Facebook
  • Instagram
  • Noir Twitter Icon

Chroniqueurs partenaires

– Lily (Dame Doourse)

– Takou (Takoubook)