Dernières fleurs avant la fin du monde

Article publié le

13 octobre 2020 à 11:09:25

par

Lily

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Dernières fleurs avant la fin du monde

Nicolas Cartelet

2018

182

SF

Dans un futur sans abeille, que peut-on faire ? C’est une question, qui bien que majeure, n’est traitée qu’en légèreté. A l’inverse, la survie est un point majeur du livre.

*    *    *

Tout commence par une rumeur. Albert, journalier agricole, va tous les jours polliniser à la main les cerisiers. Or, un matin, la rumeur est lancée. « Il y a un problème avec les pommes de terre ». A partir de là, l’intrigue se développe. On comprend bien vite que les pommes de terre correspondent au salaire. Et qu’évidemment, les hommes remplacent les abeilles dans leur rôle. Malgré tout, bien qu’avec un début un peu lent, traînant sur la longueur, avec un style d’écriture singulier, ce livre fait mouche et déploie ses fines ailes pour venir nous pincer le cœur d’une poétique mélancolie.

Nicolas CARTELET, ici, ne traite pas de ce que sont devenues les abeilles, ou de ce qu’il se passe après qu'elles aient disparu. Le sujet abordé est bien plus large. On y retrouve tout de même, deux thématiques distinctes : La survie et l’humain.
Peu flatteur sur les caractérisations des protagonistes, traits grossiers et appuyés, rien ne nous amène à l’attachement envers l’un deux. Pourtant, la relation que mène Albert avec Madame Apolline, qui diffère complètement de celle qu’il entretient avec Manon, nous apporte cette poésie musicale qui ne pouvait que manquer dans un monde terne et gris.

On retrouve d’un côté, le couple standard, routinier et épuisés, aussi fous l’un que l’autre, monstres d’égoïsmes et malades à ne plus savoir ce qui va, où ne va pas. Tandis que de l’autre côté, renaît l’espoir d’un quelconque lien, qui se tisse au fil des notes entre la pluie et le beau temps.

Qu’en est-il alors du reste ?

D’abord, il y a son travail. La rumeur qui sème des doutes, joue les troubles fêtes, enflent les sentiments de peur et d’injustices sociales. Les cœurs qui se soulèvent face à l’exploitation agricole, ou devrait-on dire l’exploitation des hommes chargés de polliniser les champs. Les milices qui traquent, investiguent chaque coin et personne, paraissant suspecte ou de mauvaises grâces. Le chaos qui règne alors, suit le même chemin jusqu’à la ville, chez lui, où l’on retrouve sa femme, le couple épuisé, tendu. Décrits par des termes durs, les sentiments d’impuissance et de colère ne font que bourgeonner pour éclore dans les orgueils et les mœurs. Les descriptions faites par l’auteur semblent prouver que ce futur n’est pas improbable mais invivable. Délaissant cette réalité morne et impitoyable, Albert, protagoniste principal de l’histoire, se voit confier une mission auprès de la haute bourgeoisie. La poésie s’installe alors doucement, amenant avec elle un flot de douceur et de tristesse, créant un chaos différent, mais bien plus dévastateur.

Malgré la différence flagrante entre ce que l’on attend et ce que l’on ressent, ce livre offre une perspective intéressante sur la vision de l’humain, de l’individu et du futur. Il dénote par son écriture franche mais assurée, par les dialogues peu nombreux ainsi que par ses thèmes abordés subtilement – écologie, poésie, éducation –. A l’évidence, Nicolas CARTELET permet à son livre de se positionner dans la science-fiction en se tissant sa propre toile.

« A ceux qui en silence, humblement, vont à contre-courant »

Synopsis

Un futur sans abeilles, étouffé dans la grisaille de gigantesques latifundia. Un futur où l’humanité se meurt, privée de descendance.
Albert, journalier agricole, répand le pollen à la main. Manon, sa compagne engagée à l’usine, sombre peu à peu dans la folie. Et dans la morosité du quotidien, une lueur, Apolline sous les cerisiers… les dernières fleurs avant la fin du monde.

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