[REPOST] Contes de pluie et de lune

Article publié le

28 janvier 2021 à 08:06:47

par

Takou

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Titre original :

Auteur : 

Date de sortie :

Genre :

Pages :

Ugetsu monogatari

Ueda Akinari

1776

228

Conte

« Les fleurs des cimes qu’hier, qu’aujourd’hui, on avait vu fleurir, déjà s’étaient toutes dispersées ; aux vagues que soulevait la brise fraîche, on reconnaissait le signe certain des premiers jours de l’été. » – Le rendez-vous aux chrysanthèmes.

Contes de pluie et de lune n’est autre que l’œuvre la plus travaillée de Ueda Akinari d’après René Sieffert, le traducteur du livre. Né durant l’époque d’Edo, Akinari est abandonné jeune par sa mère et est recueilli par un riche marchand d’Ôsaka. Voué aux lettres depuis petit, il commence à écrire sous différents pseudonymes. Il signe Contes de pluie et de lune au nom de Zenshi Kijin, un nom en rapport avec sa malformation aux doigts. Son recueil de conte s’inscrit dans le genre des ukiyo-zôshi (littéralement « livres du monde flottant ») qui se caractérise par une écriture en prose et kana (syllabaire de base) et s’adresse au peuple. L’ukiyo-zôshi couvre beaucoup de sujets qui ne seraient pas acceptés dans la littérature d’élite. Cette œuvre s’inscrit également dans le yomihon, un genre de livres qui apparaît au même moment que les livres illustrés mais ne contient que du texte. Akinari s’inspire pour ce recueil de contes et légendes chinois et japonais.

~ Takou (https://takoubook.wordpress.com/)

*    *    *

On a d’abord du mal à s’imprégner de la magie du recueil car la langue est différente de ce qu’on a l’habitude de lire. Cependant, dès lors qu’on est complètement absorbé, les contes en deviennent fascinants. On découvre peu à peu les légendes qui berçaient le monde japonais de l’époque d’Edo. C’est comme si on revenait presque 300 ans en arrière et qu’on partageait avec ces gens leur histoire, leurs peurs. Les apparitions fantasmatiques et les démons étaient très présents dans les traditions japonaises et encore aujourd’hui, ils y ont une place de choix.

Le recueil débute par le conte Shiramine où j’ai perçu une sorte de morale. En effet, on retrouve le moine Saigyô parlant avec le fantôme du second empereur retiré afin de l’aider à expier les fautes qu’il a commises de son vivant. D’après René Sieffert, il est courant dans la littérature japonaise qu’un moine parle autoritairement à une apparition de noble afin de le remettre sur le droit chemin pour qu’il trouve la tranquillité. Le conte Controverse, sur la misère et la fortune, qui clôture le recueil est aussi une morale. L’esprit de l’or apparaît devant un guerrier économe et dérive sur une discussion morale et politique. Pour moi, le fait d’avoir commencé et terminé le recueil avec ce genre de récit est une volonté de l’auteur de happer son lecteur dans son recueil puis de le laisser en sortir avec des idées à méditer.

Le conte que je préfère dans ce recueil est Carpes telles qu’en songe…. Il raconte la vie d’un moine qui, durant son temps libre, vogue sur le lac et donne quelques sous aux pêcheurs passant par là afin de libérer les carpes qu’ils ont pêchées. Un jour, il tombe gravement malade et succombe à cette maladie. La suite de cette histoire est une ode à la nature. J’y vois une tentative de l’auteur de faire prendre conscience à ses lecteurs de la beauté du monde qui nous entoure. Cet écrit est pour moi le plus surnaturel et le moins effrayant.

En effet, ce recueil, si surnaturel qu’il puisse être, contient aussi quelques contes effrayants. Comme mentionné plus haut, les apparitions de fantômes et les démons sont au centre de la majorité des contes du recueil. On découvre alors de quoi la société de l’époque avait peur et quel genre d’histoires d’horreur ils aimaient lire.

Cette œuvre est aussi énormément centrée sur la religion. Les moines sont souvent importants dans les contes et ne font quasiment jamais le mal. Seulement, dans le conte Le capuchon bleu, on peut voir une entorse à cette règle car un moine qui a perdu la tête effraie les habitants du village voisin. Ils le qualifient de démon même s’il n’en est pas vraiment devenu un. On peut voir tout de même que les moines de ce recueil ne se transforment pas en réel être maléfique.

Les commentaires et notes apportés par René Sieffert sont indispensables pour comprendre les contes car ils les replacent dans leur contexte d’écriture. Ils représentent la moitié du livre mais sont extrêmement utiles à la compréhension des récits. Je reconnais que j’ai trouvé parfois un peu barbant de toujours regarder les notes mais c’était important et je n’aurais pas pu apprécier le livre à sa juste valeur si je les avais ignorées.

Le deux bémols que je trouve à ce recueil sont la difficulté de la langue et le fait que certains contes soient trop moralisateurs à mon goût. Ce genre de récits était très apprécié à l’époque dans la société japonaise mais j’avoue ne pas avoir accroché aux morales et aux questions politiques.

C’était donc une bonne lecture. J’ai aimé me plonger dans ces contes emplis de surnaturel et de légendes d’antan. Je me suis laissée emporter par la beauté de la plume d’Akinari, bien que difficile. Ce recueil est à mon avis une des plus belles œuvres japonaises de l’époque d’Edo.

Synopsis

Le meilleur ouvrage de l'écrivain classique japonais Ueda Akinari (1734-1809) est ce recueil des Contes de pluie et de lune. Dans ces histoires fantastiques, le lecteur verra se lever, agir et disparaître toutes les variétés de fantômes. Un mélange savoureux de magie, de poésie et de réalité fait revivre d'un seul coup l'univers familier et enchanté des Japonais d'autrefois.

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